Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Philippe Mercure Philippe Mercure
La Presse

Une « bête folle » préhistorique

Il a 66 millions d’années, a côtoyé les dinosaures et des crocodiles géants sur l’île de Madagascar et est si différent des mammifères d’aujourd’hui qu’il a été baptisé Adalatherium, un mélange de malgache et de grec qu’on pourrait traduire par « bête folle ». De la taille d’un opossum, l’animal appartient à une branche de l’arbre de la vie qui s’est éteinte et est décrite par les chercheurs comme une « expérience qui a échoué ». Adalatherium possédait plusieurs trous dans son crâne servant à faire passer des nerfs et des vaisseaux sanguins, dont une très grande cavité au-dessus du museau qui n’a aucun équivalent chez les mammifères actuels, qu’ils soient modernes ou éteints. Les dents de l’animal sont aussi uniques. La description d’Adalatherium est basée sur un squelette particulièrement bien conservé et a été publiée dans la prestigieuse revue Nature.

Quiz science : qu’a-t-on retrouvé sur une météorite martienne ?

IMAGE TIRÉE DE NATURE COMMUNICATIONS

Du matériel organique. Les scientifiques japonais, qui décrivent la découverte dans Nature Communications, estiment qu’il a été préservé pendant quatre milliards d’années. Les molécules étaient contenues dans des minéraux carbonatés, connus pour précipiter dans l’eau, ce qui fait dire aux chercheurs que la planète rouge était sans doute « habitable » à cette époque. La météorite elle-même avait été découverte en Antarctique en 1984.

En chiffre : 24 cm x 19 cm

PHOTO FOURNIE PAR VICTORIA DRUETTA

Un grêlon de 24 cm x 19 cm a été recueilli en Argentine lors d’une tempête en 2018.

C’est la taille d’un grêlon recueilli en Argentine lors d’une tempête en 2018, soit environ la grosseur d’un ballon de volleyball. La découverte a été publiée dans Bulletin of the American Meteorological Society. On y apprend que les chercheurs estiment qu’il s’agit d’un record du monde et qu’ils proposent même une nouvelle catégorie, appelée « grêlons gargantuesques », pour classer ces boules de glace géantes.

De l’or pour goûter le sirop d’érable

PHOTO FOURNIE PAR AMÉLIE PHILIBERT

L’agent de recherche et premier auteur de l’étude, Simon Forest, analyse des échantillons de sirop d’érable.

Des chercheurs de l’Université de Montréal ont inventé une « langue artificielle » à base de nanoparticules d’or pour évaluer le goût du sirop d’érable. Ce sont normalement des goûteurs qui déterminent si le sirop a les qualités nécessaires pour être commercialisé. Le nouveau test fonctionne en versant quelques gouttes de sirop d’érable dans le réactif contenant les particules d’or. Si la solution reste rouge, le sirop a les qualités gustatives et olfactives nécessaires pour être commercialisé. Dans le cas contraire, la solution tourne au bleu. Les travaux, qui impliquent notamment le professeur de chimie Jean-François Masson et l’agent de recherche Simon Forest (notre photo), ont été publiés dans la revue Analytical Methods. Les chercheurs soulignent que le sirop d’érable a une complexité moléculaire similaire à celle du vin, et aimeraient éventuellement adapter leur système pour qu’il puisse aussi « goûter » des jus et des vins.

La mer d’Oman envahie par les algues

PHOTO NORMAN KURING, FOURNIE PAR LA NASA

Une algue appelée Noctiluca scintillans forme de longs filaments nauséabonds qui sont maintenant si répandus qu’ils sont visibles de l’espace en mer d’Oman.

Un autre effet des changements climatiques cause actuellement beaucoup de problèmes en mer d’Oman : la multiplication d’une algue appelée Noctiluca scintillans. Ces algues forment de longs filaments nauséabonds qui sont maintenant si répandus qu’ils sont visibles de l’espace. Les algues affectent la qualité de l’eau et font mourir les poissons, menaçant la pêche dont dépendent 150 millions de personnes. Elles causent aussi des problèmes aux usines de désalinisation de l’eau qui fournissent de l’eau potable aux populations. Dans une étude publiée dans la revue Nature’s Scientific Reports, des chercheurs américains attribuent la prolifération des algues au fait que les couverts neigeux sont moins abondants dans la chaîne de l’Himalaya. En fondant, cette neige vient habituellement refroidir l’eau des océans, freinant la multiplication des algues.