Parcs Canada a dévoilé jeudi les dernières découvertes faites dans l’épave de l'Erebus, l’un des deux navires de la célèbre expédition Franklin, disparue il y a plus d’un siècle et demi en Arctique.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

L’expédition d’archéologie sous-marine a retrouvé l’été dernier dans les eaux du Nunavut 350 artefacts dans des cabines d’officiers et du valet du capitaine. On a présenté notamment une brosse, une brosse à dents, des épaulettes d’officiers, des plats de céramique, un porte-crayons, ainsi que de la cire à cacheter comportant une empreinte digitale. Cette empreinte serait celle d’Edmund Hoar, le valet du capitaine, dont on connaît peu de choses.

Les archéologues ont fait 93 plongées en trois semaines. Un navire de croisière a fait une visite pour que les passagers puissent observer le travail des plongeurs. Une autre exploration, robotisée, a été faite du Terror.

Parcs Canada collabore étroitement avec des « gardiens inuits » sur ce projet. « En tant que copropriétaires des artéfacts de l’expédition de Franklin, la Fiducie du patrimoine inuit est heureuse de continuer à travailler avec le gouvernement du Canada pour veiller à ce que notre collection archéologique qui grandit soit protégée et présentée aux Inuits, à la population canadienne et au monde entier », a déclaré par voie de communiqué William Beveridge, directeur de la Fiducie du patrimoine inuit.

Retrouvé en 2016, le Terror était un peu plus petit que l’Erebus, et était dirigé par le second de l’expédition, Francis Crozier, qui l’a dirigé après la mort de Franklin en juin 1847. Les deux navires avaient été équipés d’innovations, des moteurs de locomotive à charbon de quatre chevaux et des plaques d’acier pour résister aux glaces. L’Erebus a été retrouvé en 2014, un peu plus au sud que le Terror.

Sir John Franklin en était à sa quatrième expédition en Arctique, dont deux à titre de capitaine, mais c’était la première qu’il commandait. Vétéran des guerres napoléoniennes, dont la bataille de Trafalgar en 1805, il était toutefois le quatrième choix pour cette expédition arctique à cause de son âge (59 ans) lors du départ de l’Angleterre, selon le National Geographic.

L’expédition de Sir John Franklin a quitté l’Angleterre en mai 1845. À partir de 1848, 25 expéditions en 40 ans sont parties à sa recherche. Des témoignages d’Inuits et un message retrouvé en 1859 dans l’île du Roi-Guillaume ont permis de comprendre que les deux navires avaient été pris dans les glaces dès 1846 et que Franklin est mort en 1847. Les 134 matelots et officiers sont tous morts.

Rectificatif
Une version antérieure de ce texte indiquait que les objets décrits jeudi avaient été retrouvés dans l'épave du
Terror plutôt que de celle de l'Erebus.