Exocomètes, traque aux extraterrestres, éruptions solaires : comme à chaque fin d’année, La Presse publie un survol de quelques découvertes récentes sur l’Univers et notre système solaire.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Traquer les extraterrestres depuis la Lune…

IMAGE FOURNIE PAR LA NASA

Le radiotélescope lunaire Farside

La NASA a proposé en novembre d’installer un télescope sur la face cachée de la Lune. Le projet Farside, qui comporterait 128 antennes disposées sur quatre ellipses en forme de pétale, permettrait de détecter le champ magnétique d’exoplanètes habitables. Cette installation permettrait ainsi d’avancer d’un pas supplémentaire dans la chasse à la vie extraterrestre. Farside, dont la facture est évaluée à 1,3 milliard US, pourrait également mieux étudier les éruptions des étoiles autour desquelles tournent ces exoplanètes habitables. La mission chinoise Chang’e 4 a déjà disposé un télescope plus modeste, doté de trois antennes, sur la face cachée de la Lune.

… ou depuis la Chine

IMAGE FOURNIE PAR LA CNSA

Le radiotélescope chinois FAST

En rodage depuis 3 ans, le radiotélescope géant chinois FAST a déjà détecté 99 pulsars, dont 30 ont des fréquences très rapides de l’ordre de la milliseconde, ont annoncé au début de décembre les responsables du programme sur la télévision d’État CCTV. Des pulsars sont des étoiles à neutrons qui tournent très rapidement sur elles-mêmes. D’une sensibilité trois fois supérieure au radiotélescope d’Arecibo à Porto Rico, jusqu’à maintenant le plus grand au monde, le « télescope à ouverture sphérique de 500 m » (FAST) doit maintenant se mettre à guetter une transmission radio extraterrestre. Il est situé dans la province méridionale de Guizhou.

L’exocomète et le Soleil

IMAGE FOURNIE PAR LA NASA

L’exocomète Borissov (à droite) au côté d’une lointaine galaxie en spirale

L’exocomète 2l/Borissov a un noyau beaucoup plus petit que prévu – moins d’un kilomètre de diamètre, ont montré des photos prises par Hubble lors du passage de Borissov près du Soleil, le 8 décembre dernier. La NASA a alors annoncé que l’évaporation de la glace, lorsque l’exocomète s’approchait à moins de 300 millions de kilomètres de notre étoile, a permis cette découverte. Découverte en août dernier par un astronome amateur de la Crimée, Borissov est le deuxième objet provenant de l’extérieur de notre système solaire à être identifié. L’exocomète s’est approchée à 290 millions de kilomètres de la Terre, le 28 décembre.

La menace des éruptions solaires

Il ne suffit pas qu’une exoplanète soit située dans la « zone habitable » de son étoile, ce qui permet à l’eau d’être liquide. Il faut aussi que son atmosphère soit assez épaisse et que son champ magnétique soit suffisamment fort pour résister aux éruptions solaires, selon des astronomes de l’Université de New York à Abou Dhabi. Dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Journal, début décembre, les chercheurs décrivent comment pourront être détectées ces deux variables pour affiner la traque à la vie extraterrestre. Pour y parvenir, ils ont étudié 70 éruptions solaires survenues entre 1956 et 2012.

La chimie d’Europe

IMAGE FOURNIE PAR LA NASA

Europe, satellite de Jupiter

Les deux sondes qui devraient explorer dans les années 2020 Europe, un satellite de Jupiter, vont pouvoir déterminer si l’océan qui se trouve sous sa surface glacée abrite une activité chimique. C’est du moins ce qu’escomptent découvrir des astronomes du CNRS français. Dans l’Astrophysical Journal, en novembre, les chercheurs de Marseille concluent que des sources hydrothermales sous-marines dégageraient des gaz, notamment du méthane, qui serait emprisonné dans la glace à la surface d’Europe. Les sondes européenne JUICE et américaine Europa Clipper pourront détecter ces gaz glacés.

Survivre à son étoile

IMAGE FOURNIE PAR ESO

Nuage de poussière provenant de planètes détruites par une étoile en fin de vie, en orbite autour d’une naine blanche

Un astronome québécois qui travaille à l’Université de Warwick, en Angleterre, a déterminé l’été dernier que les petites planètes rocheuses avaient de bonnes chances de survivre à la mort de leur étoile. Dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Journal, Pier-Emmanuel Tremblay a déterminé un « guide de survie » pour aider ses collègues chasseurs d’exoplanètes à en détecter autour d’étoiles naines blanches. Il s’agit d’étoiles moribondes qui ont éjecté leurs couches externes, détruisant la plupart des planètes de leur système solaire. Certaines petites planètes rocheuses pourraient survivre à la transition et être éjectées plus loin de leur étoile.