(Genève) L’OMS a lancé mardi une stratégie visant à éliminer le cancer du col de l’utérus, estimant que grâce à l’accès généralisé à la vaccination, au dépistage et au traitement, 5 millions de vies seraient sauvées d’ici 2050.

Nina LARSON
Agence France-Presse

« L’élimination d’un cancer aurait auparavant semblé un rêve impossible, mais nous disposons aujourd’hui d’outils efficaces et peu coûteux, s’appuyant sur des données probantes, pour faire de ce rêve une réalité », a déclaré le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un communiqué.

Le cancer du col de l’utérus est une maladie évitable. Il est également guérissable s’il est détecté tôt et traité de manière appropriée.

Pourtant, il s’agit du quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde.  

À défaut de nouvelles mesures, le nombre annuel de nouveaux cas devrait passer de 570 000 à 700 000 entre 2018 et 2030, et le nombre annuel de décès augmenter de 311 000 à 400 000, alerte l’OMS.

« Étape majeure »

« Nous ne pouvons toutefois éliminer le cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique que si nous allions à la puissance des outils dont nous disposons une détermination sans faille pour que leur utilisation soit élargie à l’échelle mondiale », a souligné le chef de l’OMS.

La bonne nouvelle est que les 194 membres de l’OMS se sont engagés à éliminer le cancer du col de l’utérus en adoptant la semaine dernière une résolution en ce sens lors de l’assemblée annuelle de l’agence.

« C’est une étape majeure », a commenté la sous-directrice générale de l’OMS, Dr Princess Nothemba Simelela, en conférence de presse.

« Pour la première fois, le monde a accepté d’éliminer le seul cancer que nous pouvons prévenir grâce à un vaccin, et le seul cancer qui est curable s’il est détecté à temps », a-t-elle ajouté.

Selon la responsable, « l’énorme fardeau de la mortalité liée au cancer du col de l’utérus est la conséquence de décennies de négligence de la part de la communauté mondiale de la santé ».

À ce jour, les trois outils clés contre ce cancer (vaccination, dépistage et traitement) ont été généralisés dans la plupart des pays riches. Mais la situation est loin d’être la même dans le reste du monde, en raison notamment du coût élevé du vaccin.

La stratégie de l’OMS vise à ce que 90 % des filles soient vaccinées contre le papillomavirus humain (responsable du cancer du col de l’utérus) à l’âge de 15  ans.

Elle prévoit également que 70 % des femmes bénéficient d’un dépistage à l’âge de 35  ans et 45  ans, et que 90 % des femmes chez qui une maladie du col de l’utérus a été diagnostiquée soient traitées.

Si ces mesures sont mises en œuvre avec succès d’ici 2030, les nouveaux cas de la maladie pourraient être réduits de plus de 40 % et le nombre des décès liés à la maladie de 5 millions d’ici 2050.

Tous les pays seront alors sur la bonne voie pour éliminer ce cancer, selon l’OMS. L’agence onusienne est toutefois consciente que la stratégie est lancée en pleine pandémie de COVID-19, qui met en péril la prévention des décès dus au cancer compte tenu de l’interruption des services de vaccination.

Mais « nous pouvons écrire l’histoire pour garantir un avenir sans cancer du col de l’utérus », a assuré Mme Simelela.