Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Philippe Mercure Philippe Mercure
La Presse

La taille compte chez les narvals

Chez le narval, surnommé la « licorne des mers », le mâle possède une longue défense torsadée sur le crâne. Pourquoi ? Selon une nouvelle recherche publiée dans Biology Letters, cet intrigant attribut servirait en fait… à impressionner les femelles. Et, ici, la taille compte : plus la défense est longue, plus le mâle est considéré comme attrayant. Pour en arriver à cette déduction, des chercheurs américains ont comparé la taille de la défense par rapport à la taille de l’animal et ont noté de grandes fluctuations. Chez deux mâles de même taille, l’un peut avoir une défense quatre fois plus longue que l’autre. Les chercheurs en déduisent que ce trait est influencé par la sélection sexuelle, puisque seuls les mâles les plus forts peuvent se permettre de dépenser autant d’énergie pour faire croître cette partie de leur corps. La queue du paon et la pince surdimensionnée des écrevisses jouent des rôles similaires dans la nature.

Quiz

Q. Que montre cette gravure rupestre découverte en Iran ?

PHOTO FOURNIE PAR LE DR MOHAMMAD NASERIFARD

R. Une créature à moitié humaine, à moitié mante religieuse, selon une étude publiée dans le Journal of Orthoptera Research. Découverte dans une grotte iranienne en 2017, la gravure faite dans le roc, appelée pétroglyphe, intrigue les scientifiques. Les six pattes évoquent un insecte. La tête triangulaire, les gros yeux et les antennes rappellent une mante religieuse. Les cercles, plus intrigants, s’apparentent à ceux retrouvés sur des gravures similaires représentant des formes humaines, faisant dire aux scientifiques que l’artiste a gravé une créature hybride.

Le chiffre

PHOTO ANDREW TURNER, FOURNIE PAR L’UNIVERSITY OF PLYMOUTH

Les blocs Lego peuvent survivre 1300 ans dans la mer, selon une recherche publiée dans la revue Environmental Pollution.

1300 ans

C’est le temps maximal que des blocs Lego peuvent survivre dans la mer, selon une recherche publiée dans la revue Environmental Pollution. Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont pesé des blocs Lego retrouvés sur des plages et ont comparé leur masse à celle de blocs neufs. Selon eux, ce chiffre devrait nous inciter à réfléchir avant de jeter du plastique n’importe où.

Des chevaux pour sauver le pergélisol

PHOTO FOURNIE PAR LE PARC DU PLÉISTOCÈNE

De grands herbivores ont été introduits dans le parc du Pléistocène, en Russie, il y a déjà 20 ans.

Le pergélisol se réchauffe dans l’Arctique à cause des changements climatiques, menaçant de libérer de grandes quantités de méthane qui accéléreraient le réchauffement de la planète en un cercle vicieux. Des chercheurs viennent de montrer les vertus d’une solution originale : réintroduire de grands animaux comme les chevaux, les rennes ou les bisons dans les grandes plaines nordiques. Les animaux dispersent et tapent la neige qui, sinon, s’accumule et forme une couche gorgée d’air qui isole le sol de l’air froid pendant l’hiver et l’empêche de bien geler. De grands herbivores ont été introduits dans le parc du Pléistocène, en Russie, il y a déjà 20 ans. Grâce à des mesures et des modèles informatiques, des chercheurs allemands montrent que la stratégie fonctionne et pourrait bel et bien sauver le pergélisol. Les travaux ont été publiés dans Scientific Reports.

Les secrets de la glace de Mercure

PHOTO FOURNIE PAR LA NASA/MESSENGER

On trouve de la glace permanente aux pôles de la planète Mercure.

C’est intrigant : la planète Mercure, la plus près du Soleil, atteint des températures de 400 °C. Pourtant, on y trouve de la glace permanente aux pôles. Comment est-ce possible ? Dans une étude publiée dans Astrophysical Journal Letters, des chercheurs américains montrent que le Soleil et la chaleur, loin de nuire, sont des composantes essentielles à la formation de cette glace. Les protons envoyés par le Soleil et la chaleur intense libèrent de la surface de Mercure ce qu’on appelle des hydroxyles, formés d’un atome d’oxygène et d’un atome d’hydrogène. Ces hydroxyles se recombinent ensuite pour former des molécules d’eau. Il arrive que celles-ci tombent au fond de cratères où la lumière du Soleil ne peut parvenir et où règnent des températures de -200 °C. L’eau y gèle pour former cette glace polaire qui ne fond jamais.