Les paroles et les musiques sont interprétées par des zones différentes du cerveau, selon des chercheurs montréalais.

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

« On sait depuis des décennies que les deux hémisphères réagissent différemment à la parole et à la musique, mais le fondement physiologique de cette différence restait un mystère », explique par voie de communiqué Philippe Albouy, neuroscientifique à l’Université McGill et auteur principal de l’étude publiée jeudi dans la revue Science. « Nous avons montré qu’elle est liée à des paramètres acoustiques de base pertinents pour l’interprétation de la parole et de la musique. Ces résultats viennent enrichir les connaissances de base de l’organisation neurale. »

Les chercheurs ont enregistré 100 phrases chantées a cappella par une soprano, qu’ils ont fait entendre à 49 participants dans un appareil de neuroimagerie. Certains participants étaient anglophones, d’autres francophones, et les phrases étaient dans les deux langues, pour avoir des résultats plus robustes. En faisant des modifications temporelles et spectrales des enregistrements de la soprano, les chercheurs ont déterminé que deux zones différentes du cerveau déchiffrent la musique et les paroles.

L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) a permis de conclure que le traitement de la parole était associé au cortex auditif gauche, et le traitement de la mélodie, au cortex auditif droit.

Des études sur des animaux ont montré que les neurones du cortex auditif réagissent différemment à des sons ayant des composantes spectrales et temporelles variables, présumément parce qu’il s’agit d’informations importantes pour comprendre son environnement. Cette « spécialisation hémisphérique » se retrouve donc chez l’homme. Elle permet d’optimiser le traitement de ces deux types de communications par le système nerveux.