Dans les années soixante-dix à la télévision, l’Homme de 6 millions démontrait la force de ses membres « bioniques » chaque semaine. Des ingénieurs californiens viennent pour leur part de créer la première méduse bionique, qui nage 2,8 fois plus vite que la normale.

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

« Ces hybrides méduses-robots utilisent entre 10 et 1000 fois moins de puissance que les microrobots aquatiques existants », affirment par voie de communiqué les chercheurs de l’Université Stanford, qui publient leurs résultats cette semaine dans la revue Science Advances. « Comme les méduses peuvent vivre dans différents habitats, elles pourraient être équipées de capteurs et renvoyer des informations sur tous les océans du monde. »

La composante électronique greffée aux méduses envoie des pulsations électriques d’amplitude, de durée et de fréquence variable. Ces pulsations activent les muscles de la méduse. Cette dernière consomme deux fois plus d’énergie qu’une comparse à l’état naturel mais nage 2,8 fois plus vite.

La composante électronique est constituée d’un processeur et d’une pile au lithium protégés par une enveloppe de polypropylène flexible. Elle est attachée au ventre contractile de la méduse.

Les chercheurs précisent que cette performance « bionique » signifie que la méduse n’a pas de pression pour aller plus vite au niveau de l’évolution, mais qu’il ne semble pas y avoir d’effets négatifs à une vitesse plus rapide.

Pour le moment, les microrobots aquatiques sont tellement peu performants qu’ils doivent demeurer branchés à une source d’alimentation et ne peuvent donc pas être déployées en eaux libres.