Le manque chronique de personnel, notamment à l’hôpital du Suroît, met à risque les soins offerts à la population, estime le Syndicat des professionnelles en soins de Montérégie-Ouest, qui a envoyé une mise en demeure à la PDG par intérim du CISSS, mardi.

Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse

Selon le syndicat, « l’établissement contrevient à certains articles de la Loi sur les services de santé et les services sociaux en n’offrant pas des soins sécuritaires et respectueux des droits des personnes et il ne tient pas compte des ressources disponibles dans la détermination de son offre de service ».

Les urgences de l’hôpital du Suroît présentaient un taux d’occupation de 150 %, mardi. Et 18 personnes y séjournaient depuis plus de 48 heures, de loin le nombre le plus élevé au Québec. Deux étages de l’hôpital sont actuellement fermés et le resteront tout l’été par manque de personnel pour y travailler.

La présidente du syndicat, Mélanie Gignac, affirme que l’hôpital du Suroît est en pénurie de personnel depuis des mois. « Actuellement, l’hôpital fonctionne avec 50 % du personnel dont il aurait besoin », dit-elle. Même si deux étages de 36 lits chacun sont fermés pour l’été, soit un de médecine et un de chirurgie, Mme Gignac s’inquiète pour les prochaines semaines.

Je ne sais pas comment on va faire pour passer à travers l’été. […] On roule déjà avec du temps supplémentaire et du temps supplémentaire obligatoire partout. Et malgré ça, on n’arrive pas.

Mélanie Gignac, présidente du syndicat des professionnelles en soins de Montérégie-Ouest

Mme Gignac estime qu’en étant incapable de mettre en place des équipes de soins assez nombreuses, le CISSS de la Montérégie-Ouest « contrevient à sa responsabilité d’offrir des soins sécuritaires aux patients ». Aux urgences de l’hôpital du Suroît, « la direction laisse sur une base régulière les professionnelles en soins travailler avec 8, 10, 12 et même 14 professionnelles en soins en moins que ce qui serait nécessaire pour offrir des soins de qualité et sécuritaires aux patients », indique le syndicat dans un communiqué.

Des solutions ?

La crise à l’hôpital du Suroît dure depuis des mois. Pour redresser la situation, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a nommé Lise Verreault comme PDG par intérim, le 28 avril dernier.

Pour le syndicat, les solutions tardent à venir : « Depuis l’arrivée de Mme Verreault, les choses n’ont pas changé. Beaucoup de réunions, de nombreuses discussions, mais nos demandes et pistes de solution restent sans réponse. »

Au CISSS de la Montérégie-Ouest, on dit avoir « accusé réception de la mise en demeure » et « évaluer les avenues possibles ».

Nous sommes conscients de la précarité de la situation de la main-d’œuvre au CISSS de la Montérégie-Ouest, de sa criticité et de la forte pression sur les équipes. Nous vous assurons que nous travaillons sur tous les fronts afin d’améliorer la situation et d’assurer des soins et services sécuritaires dans nos hôpitaux.

Jade St-Jean, porte-parole du CISSS de la Montérégie-Ouest

Celle-ci souligne que la fermeture de certains lits d’hospitalisation vise justement à « diminuer les impacts sur le personnel ». D’autres actions sont aussi menées, comme le transfert rapide de patients en attente d’une place en CHSLD, le recrutement de main-d’œuvre et la révision temporaire de l’offre de service en chirurgie.

Les chirurgies urgentes et les chirurgies oncologiques peuvent toujours être effectuées à l’hôpital du Suroît, de même que les chirurgies d’un jour. Mais certains autres types d’opérations ont été redirigés vers d’autres hôpitaux pour l’été. Le personnel travaillant sur les étages fermés sera relocalisé sur les autres étages de l’hôpital afin « d’optimiser l’utilisation des ressources, ce qui évitera d’autres découvertures », note Mme St-Jean.