(Québec) Le ministre de la Santé, Christian Dubé, lance un tout nouveau chantier visant à « transformer la façon de gérer les données » dans le système de la santé et des services sociaux. Des consultations se tiendront cet été dans le but de déposer un projet de loi à l’automne.

Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Le ministre Dubé, qui a été nommé après la première vague de la pandémie il y a un an, avait pour objectif de faciliter l’accès aux données dans le réseau. C’est connu qu’au début de la crise sanitaire, le gouvernement Legault a eu de la difficulté à obtenir des données en temps réel de ce qui se passait sur le terrain, notamment dans les CHSLD.

François Legault n’avait pas caché son irritation pendant la première vague, reconnaissant que le réseau de la santé est « archaïque » en comptabilisant par télécopieur les décès causés par la COVID-19 au Québec. Il avait alors sonné la fin de l’ère « des fax ».

Le ministre Dubé espère donc « pérenniser » plusieurs mesures exceptionnelles qui ont été mises en place au cours des derniers mois, grâce à l’urgence sanitaire, pour obtenir rapidement des bilans et données sur le nombre d’hospitalisations, les décès et l’évolution de la vaccination, par exemple.

Cela passera par la modernisation de la loi sur la santé. Les travaux débuteront en juillet et permettront de consulter des experts sur la question. La population sera aussi invitée à s’exprimer dans le cadre d’une consultation publique. Le ministre souhaite déposer un projet de loi à l’automne.

Pour l’heure, les renseignements de santé et de services sociaux « sont recueillis et conservés par plusieurs entités administratives, se voyant ainsi encadrés par divers lois et règlements », a fait valoir le cabinet de M. Dubé, mardi. « La plupart de ces textes législatifs ayant été rédigés avant l’ère numérique, ils tendent à préconiser une approche restrictive quant à la circulation et au partage des renseignements », indique-t-on.

Par exemple, le CIUSSS ou le CISSS peut avoir accès à ses données, mais elles ne remontent pas facilement vers le ministère.

Les travaux permettront aussi la mise en place d’un « dossier de santé numérique unifié » pour les Québécois et l’élaboration « d’un processus d’accès aux renseignements simplifié pour toute personne ou tout organisme autorisé pour que l’information suive le patient », illustre le cabinet. Québec réclame aussi la création d’un cadre unique encadrant la circulation et la protection des renseignements de santé et de services sociaux.

« La gestion de la pandémie et l’opération de dépistage et de vaccination doivent servir de modèles pour l’avenir du ministère de la Santé et des Services sociaux. Maintenant, nous avons la preuve qu’une saine gestion repose sur des données qui sont accessibles et transparentes, tout en étant bien protégées », a fait valoir le ministre Christian Dubé.

« D’une part, le citoyen aura un accès facilité et sécuritaire à ses propres renseignements de santé. D’autre part, le gouvernement aura en main toutes les informations pour assurer une gestion et une gouvernance efficaces du réseau, par exemple pour la gestion des ressources humaines, des urgences, des chirurgies, de la Santé publique, du soutien à domicile, de la santé mentale et de la DPJ », a-t-il ajouté.