À l’instar de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le gouvernement du Québec doit reconnaître l’obésité comme une maladie, plaide le groupe de travail québécois sur l’obésité dans un rapport rendu public ce jeudi.

Daphné Cameron Daphné Cameron
La Presse

Au Canada, plus de cinq millions d’adultes souffriraient d’obésité. « La reconnaissance de l’obésité comme étant une maladie va vraiment mettre la table pour qu’on puisse mettre en place toutes les structures nécessaires à la prise en change de ce problème devenu épidémique », a expliqué l’un des membres de ce groupe d’experts, le DYves Robitaille, spécialiste en médecine interne au Centre de médecine métabolique de Lanaudière.

Les spécialistes déplorent que l’obésité soit perçue davantage comme un problème esthétique ou simplement comme un facteur aggravant de maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension. Une « erreur fondamentale », écrivent-ils, qui vient avec son lot de stigmates.

Le temps est venu pour aller au-delà du conseil simpliste et trompeur de « bouger plus et manger moins », disent-ils.

« Quand on reste à un statut de non-maladie, dans le fond, on continue à responsabiliser complètement la personne sur les défis qu’elle a avec la gestion de son poids et ça crée une stigmatisation même au niveau des professionnels de la santé qui sont un peu mal informés ou mal formés sur le dossier de l’obésité », ajoute le DYves Robitaille.

PHOTO FOURNIE PAR LE DR YVES ROBITAILLE

Le DYves Robitaille, membre du groupe de travail sur l’obésité

L’environnement, la génétique, la physiologie, la psychologie et le niveau socioéconomique sont tous des facteurs qui peuvent engendrer l’obésité.

Ainsi, il est important d’améliorer le cursus des futurs professionnels de la santé sur la question, suggèrent ces experts.

Vision archaïque

Le groupe de travail québécois a aussi formulé deux autres recommandations à l’égard du gouvernement du Québec.

À l’heure actuelle, les médicaments approuvés par Santé Canada pour traiter l’obésité ne sont généralement pas remboursés par les régimes d’assurances médicaments ni par la RAMQ. Le Québec est la seule province qui refuse systématiquement le remboursement de tels traitements.

« Ceci renvoie à une vision archaïque de l’obésité comme un enjeu cosmétique dû à un manque de saines habitudes de vie », écrivent les auteurs du rapport.

Enfin, l’obésité devrait être traitée par une équipe multidisciplinaire composée d’un médecin de famille, d’un nutritionniste, d’un psychologue, d’un travailleur social et d’un kinésiologue. Des spécialistes comme des endocrinologues, des internistes et des chirurgiens bariatriques ont aussi un rôle à jouer.

Les travaux du groupe ont été réalisés grâce à une contribution financière de Bausch Health Canada et de Novo Nordisk Canada.