(Montréal) La pandémie a frappé là aussi : le nombre de dons d’organes et de transplantations au Québec aura finalement diminué de près de 20 % l’an dernier, a estimé Transplant Québec.

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

Malgré cette baisse, l’organisme rapporte que la liste de personnes en attente de greffe est demeurée stable par rapport aux années précédentes et que le nombre de décès a même diminué de 14 % par rapport à 2019.

Transplant Québec a dévoilé mercredi matin son bilan de la dernière année.

« 2020 a été une année impactée par la COVID-19 », a résumé d’entrée de jeu Sylvain Lavigne, directeur des services cliniques par intérim de Transplant Québec, en entrevue téléphonique.

Plus précisément, il fait état d’une diminution de 20 % des personnes transplantées au cours de l’année 2020 (100 Québécois de moins qu’en 2019) et d’une baisse de 18 % des références de donneurs potentiels, soient ceux qui sont identifiés par un professionnel de la santé selon des procédures bien définies. On voit normalement des variations d’environ 8-10 % vers le haut ou le bas, mais 20 %, c’est plus que la moyenne, constate M. Lavigne.

Le Québec n’est pas le seul : ces diminutions ont aussi été vécues dans d’autres provinces et d’autres pays, a-t-il ajouté.

Ces résultats sont attribués « majoritairement » à l’impact de la première vague de la pandémie de COVID-19, qui a sévi de la mi-mars à la mi-mai : c’est à ce moment que les références de donneurs potentiels ont significativement chuté. Avril a d’ailleurs été le mois de 2020 lors duquel le taux de références et de donneurs a été à son plus bas, indique l’organisme mandaté par le ministre de la Santé afin de coordonner le processus de dons d’organes.

« Les résultats de la dernière année sont certes mitigés. Ils reflètent l’impact de la pandémie à différents niveaux. Mais l’important, c’est que ça n’a jamais arrêté », souligne M. Lavigne.

Et puis, l’arrivée de la deuxième vague n’a heureusement pas eu le même impact, poursuit-il.

L’organisme a constaté un retour à la moyenne habituelle de ses activités, et même un peu au-dessus, au cours des derniers mois de l’année 2020.

Pourquoi cette baisse d’activités ? « On n’a pas les causes exactes, a reconnu M. Lavigne, car c’est souvent multifactoriel. »

On peut penser que les hôpitaux étaient débordés par la COVID-19, et aussi à l’impact du délestage de certaines interventions chirurgicales. Par exemple, pour les greffes de reins, des médecins ont pu choisir de reporter l’intervention car il existe une autre solution, bien que temporaire : la dialyse. Les greffes de cœurs, par contre, n’ont pas d’alternative et ont été faites lorsque requises, a expliqué le directeur des services cliniques par intérim.

Des évaluations des protocoles ont été faites pour minimiser le risque de transmission du virus lors des greffes. Les façons de procéder ont été adaptées à la réalité de la pandémie, et toutes les mesures sont prises pour que ce soit sécuritaire, assure M. Lavigne.

Si la liste d’attente est demeurée stable en 2020, M. Lavigne soupçonne que la COVID-19 a peut-être été responsable de certains retards à y inscrire des patients.

Au total, l’an dernier, 675 références pour dons d’organes provenant de toutes les régions ont été faites à Transplant Québec.

Elles ont permis à 390 personnes d’être transplantées — ce qui constitue toutefois le plus faible résultat depuis 2012. L’an dernier, 43 personnes sont malheureusement décédées pendant qu’elles étaient en attente de greffe.

Et comme des familles refusent encore les transplantations lorsque l’un des leurs meurt, même quand il a indiqué son désir de donner ses organes, Transplant Québec continue de faire la promotion de la communication. Il faut en parler avec nos proches et leur signifier nos volontés, insiste M. Lavigne.