(Montréal) Les adolescents qui consomment du cannabis et/ou utilisent des cigarettes électroniques contenant de la nicotine semblent plus susceptibles que les autres d’afficher un mauvais rendement scolaire et d’avoir des comportements sexuels à risque, prévient une nouvelle étude dont les résultats ont été dévoilés en primeur à La Presse Canadienne.

Jean-Benoit Legault
La Presse Canadienne

Les jeunes continuent à percevoir que les risques associés au vapotage ou à la consommation de cannabis sont faibles, ce qui contribue à une plus grande acceptabilité de ces comportements de consommation.

« On a vu que les jeunes qui vapotent la cigarette électronique, ou utilisent du cannabis, ou les deux, ont de plus grandes chances d’avoir de mauvaises notes à l’école, de rapporter des difficultés à se concentrer et à faire leurs travaux, à cause de problèmes physiques, émotionnels et psychologiques », a résumé l’auteur de l’étude, le docteur Nicholas Chadi, qui est pédiatre et clinicien-chercheur spécialisé en médecine de l’adolescence et toxicomanie au CHU Sainte-Justine.

Le docteur Chadi et ses collègues se sont intéressés à un vaste échantillon d’environ 30 000 adolescents qui fréquentent le secondaire aux États-Unis. Plusieurs d’entre eux utilisaient la cigarette électronique, consommaient du cannabis ou présentaient les deux comportements.

Dans les trois cas, ces jeunes étaient plus susceptibles que ceux qui ne consommaient aucune substance de rapporter de mauvais résultats scolaires.

Les jeunes consommateurs de cannabis étaient les plus susceptibles d’avoir des relations sexuelles sans condom. Les jeunes qui utilisaient à la fois le cannabis et la cigarette électronique étaient les plus susceptibles d’avoir des relations sexuelles après avoir consommé de l’alcool ou de la drogue.

« Les jeunes qui vapotent ou qui consomment du cannabis sont surtout à risque d’avoir plusieurs partenaires sexuels, donc d’avoir eu plus de trois partenaires sexuels dans les trois derniers mois, a dit le docteur Chadi. Ce ne sont pas tous les comportements sexuels à risque qui sont augmentés chez les jeunes qui vapotent, mais il y en a certains qui le sont. »

Cette étude ne permet pas de déterminer si la consommation est arrivée avant les mauvais résultats scolaires ou l’inverse.

Pour le moment, l’étude devrait mettre la puce à l’oreille aux parents ou aux médecins confrontés à un jeune qui vapote que ce comportement est possiblement associé à d’autres difficultés ou à d’autres comportements à risque, que ce soit au niveau scolaire ou au niveau sexuel.

« On peut définitivement dire que les jeunes qui vapotent ou qui fument du cannabis seraient des jeunes qui seraient plus à risque d’avoir des problèmes de concentration ou au niveau de la réussite scolaire », a dit le docteur Chadi.

Les résultats de cette étude sont présentés dans le journal médical Substance Use and Misuse.