Le Québec imite depuis lundi l’Ontario et la Colombie-Britannique, qui confirment eux-mêmes les cas de COVID-19. Les tests étaient auparavant faits au Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) à Sainte-Anne-de-Bellevue, mais devaient être confirmés dans un laboratoire fédéral à Winnipeg. Cela explique que les résultats annoncés lundi ont été obtenus rapidement.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Comme la grippe

« On travaille à faire en sorte que les diagnostics soient faits dans les centres hospitaliers universitaires, puis confirmés au Laboratoire de santé publique », explique Marie-Claude Lacasse, responsable des relations avec les médias au ministère de la Santé du Québec. Jusqu’à lundi, les tests étaient faits de manière centrale au LSPQ, puis les cas « probables » étaient envoyés pour confirmation à Winnipeg. Cela ajoutait une journée ou deux à la confirmation des résultats probables. « Toutefois, étant donné que le test développé au Québec a été validé et qu’il est suffisamment robuste, le LSPQ n’enverra plus à Winnipeg les résultats positifs pour confirmation, à moins d’un résultat indéterminé », ajoute Mme Lacasse. L’Ontario et la Colombie-Britannique, où on trouve la presque totalité des cas de COVID-19, font déjà leurs tests, de sorte que le laboratoire de microbiologie à Winnipeg n’a validé que 15 des 62 diagnostics positifs en date de lundi matin. La décentralisation prévue pour les tests de COVID-19 ressemblera à celle de la grippe saisonnière. « Plusieurs hôpitaux peuvent faire les tests, qui sont confirmés au LSPQ », indique Maryse Guay, spécialiste de la grippe à l’Université de Sherbrooke et au Centre de recherche de l’hôpital Charles-Le Moyne, à Longueuil.

Diagnostics rapides

L’accélération des diagnostics et des technologies permettant de faire les tests dans toutes les cliniques médicales font partie des 47 projets de recherche financés d’urgence par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Charu Kaushic, directrice scientifique de la division de l’infection et de l’immunité des IRSC, indique qu’il y a eu au Canada un faux négatif, un jeune patient dont le système immunitaire vigoureux masquait la présence du COVID-19, mais que cela ne signifie pas qu’il y a des problèmes de fiabilité des diagnostics, comme dans d’autres pays. Cinq projets ont été financés par les IRSC, à hauteur de 4,2 millions, sur un total de 27 millions de subventions d’urgence.

Différents tests

Le premier test diagnostique du COVID-19 a été mis au point en Allemagne à la mi-janvier, sur la base du séquençage du génome par des chercheurs chinois, dévoilé le 10 janvier, selon l’hebdomadaire The Scientist. Plusieurs tests différents ont été mis au point avant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne propose une approche standardisée s’attardant sur quelques séquences génétiques distinctes du COVID-19. Parmi les pays industrialisés, les États-Unis sont les seuls à ne pas tenir compte de la recommandation de l’OMS, selon The Scientist.

Microbiologie et tomographie

Au départ en Chine, les diagnostics étaient faits à partir de l’imagerie médicale, la tomographie numérique des poumons. Une étude publiée la semaine dernière dans l’American Journal of Roentgenology montrait qu’une faible proportion des images de tomographie, soit moins de 5 %, créait une confusion entre le COVID-19 et d’autres infections respiratoires, plus précisément des adénovirus responsables de rhumes.

48 % des patients hospitalisés pour le COVID-19 ont une maladie chronique comme l’hypertension, le diabète ou une cardiopathie.

Source : The Lancet