(Québec) Le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, a annulé sa participation comme conférencier à une rencontre virtuelle réservée aux membres payants d’une entreprise de réseautage d’affaires, peu de temps après que cette initiative eut soulevé une controverse sur les réseaux sociaux.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

L’analyste en politiques publiques Patrick Déry a attaché le grelot jeudi soir en publiant sur son compte Twitter l’invitation à cette « rencontre virtuelle exclusive de 90 minutes » avec le DArruda qui était prévue le 6 octobre à 19 h. Le sujet : « Le Québec est-il en santé ? »

L’invitation était lancée sur Facebook par le Groupe Reso, qui dit compter plus de 3000 membres, des travailleurs autonomes travaillant notamment dans le domaine de la santé.

Pour assister à cette « rencontre virtuelle exclusive », on doit cliquer sur un lien proposant de devenir membre du Groupe Reso, selon différents forfaits. Le site web suggère une adhésion d’un an « pour seulement 61,67 $ par mois ».

En entrevue, le président du Groupe Reso, Sébastien Guillet, dit avoir demandé au ministère de la Santé et des Services sociaux, « il y a deux ou trois semaines », si le DArruda était « disponible pour parler de la santé au Groupe Reso », sans aucune forme de rémunération.

On a lancé l’invitation comme ça au DArruda, et il a accepté. Étonnamment. On est surpris, mais on est agréablement surpris.

Sébastien Guillet

Il a expliqué que « l’idée n’est pas de faire de l’argent » avec la présence du DArruda, mais plutôt d’organiser une conférence qui intéresse les membres du Groupe Reso issus du secteur de la santé, par exemple des massothérapeutes et des physiothérapeutes.

Selon M. Guillet, aucune nouvelle adhésion, payante, au Groupe Reso n’a été enregistrée en raison de l’invitation à la rencontre virtuelle avec le DArruda.

PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

Pour assister à la « rencontre virtuelle exclusive », on devait cliquer sur un lien proposant de devenir membre du Groupe Reso, selon différents forfaits.

Cette invitation a toutefois fait beaucoup de bruit, de son propre aveu. C’est devenu « trop gros », « des gens ont dit qu’il fallait payer pour aller voir le DArruda et on a dit qu’on allait rendre ça gratuit ». Les annonces sur l’internet devaient être modifiées ce vendredi pour souligner qu’il n’y avait finalement pas de frais pour assister à la conférence.

Sauf que l’invité de marque ne sera pas au rendez-vous. Jeudi soir, le gouvernement a indiqué à La Presse que le DArruda avait « annulé » sa participation – ce que M. Guillet ignorait lorsqu’on lui avait parlé 30 minutes plus tôt.

Le cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a offert cette explication : « Depuis le début de la pandémie, le directeur national de santé publique multiplie les apparitions publiques, afin de faire passer un message clair de respect des consignes sanitaires à toute la population. Étant donné l’augmentation des cas et le contexte de deuxième vague, le DArruda a préféré annuler sa présence à l’évènement en question et se consacrera prioritairement aux points de presse officiels gouvernementaux ou des autorités de santé publique ».