Un rapport visant à fournir des recommandations au ministre de la Santé et des Services sociaux sur la forme dite chronique de la maladie de Lyme, qui fait l’objet de controverses, est reporté d’au moins six mois, a confirmé l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) à La Presse.

Ariane Krol
Ariane Krol La Presse

D’abord prévue en juin dernier, la publication de ce rapport « devrait probablement se faire en janvier », a indiqué la porte-parole de l’INESSS, Olivia Jacques, en entrevue téléphonique.

L’Institut a publié un premier avis sur la maladie en mai 2019, en y indiquant que « la forme controversée de la maladie de Lyme (parfois dite chronique) » serait traitée ultérieurement.

L’outil d’aide au diagnostic produit à l’intention des cliniciens de première ligne exclut aussi cette « forme controversée ».

L’existence d’une forme chronique de la maladie de Lyme est « remise en cause par de nombreux professionnels de la santé et chercheurs, et ce, à l’échelle internationale », a souligné l’Institut dans son premier rapport.

La faute à la pandémie

L’échéance du second rapport a été reportée à cause de la pandémie. « Nos équipes scientifiques sont très sollicitées, on a produit au-dessus d’une centaine de rapports en lien avec la COVID-19 depuis avril », a expliqué la porte-parole de l’Institut, en ajoutant que des experts externes sollicités, dont des microbiologistes-infectiologues, étaient également indisponibles durant la pandémie.

La controverse entourant le sujet n’est pas en cause, assure l’Institut. « Pas du tout. L’INESSS a l’habitude, il y a plusieurs sujets dans le domaine de la santé qui sont très complexes et sensibles », a dit Mme Jacques.

Ce deuxième rapport visera les patients « qui ont des symptômes systémiques généraux et persistants attribués à la maladie de Lyme ». Il contiendra des recommandations visant à améliorer leur expérience de soins, et un état des connaissances en soutien à cet avis.

Pour l’instant, l’Institut prévoit remettre le document au ministre de la Santé à la fin d’octobre ou en novembre, ce qui permettrait de le rendre public en janvier, après le moratoire de 60 jours prévu dans la Loi sur l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux.

Moins de cas

Depuis le début de l’année, 127 cas de maladie de Lyme acquis au Québec ont été recensés, indiquent les plus récentes données publiées par le ministère de la Santé mardi. C’est moins qu’au cours des deux années précédentes. Pour la période du 1er janvier au 3 août, 142 cas avaient déjà été déclarés en 2019, et encore plus en 2018 (146), montrent les chiffres fournis par le Ministère à La Presse. Il est toutefois trop tôt pour conclure : à la fin de l’année, c’est en 2019 qu’on a enregistré plus de cas (375, contre 223 en 2018).

Les deux régions sociosanitaires les plus touchées demeurent cependant les mêmes : l’Estrie (80 cas y ont été acquis cette année), suivie de la Montérégie (27). Lanaudière et l’Outaouais en comptent chacune 2, alors que Laval, les Laurentides et la Mauricie – Centre-du-Québec en recensent 1 chacune. Dans 13 autres cas, la région n’a pas été précisée. De plus, 5 cas supplémentaires n’ont pas été considérés comme acquis au Québec, portant le total de cas déclarés à 132 depuis le début de l’année.

En 2019, alors que les frontières étaient ouvertes, plus d’un cas déclaré au Québec sur cinq (132 sur 500) avait été acquis à l’extérieur de la province.