Une somme de 1,2 million sera injectée par le gouvernement du Québec pour éliminer la liste d’attente de 950 personnes handicapées qui devaient jusqu’ici payer elles-mêmes leurs cathéters urinaires, leurs sacs pour leur stomie ou le matériel médical relié à leur trachéostomie, a appris La Presse.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Le gouvernement en fera l’annonce aujourd’hui. Certaines personnes se trouvaient sur la liste d’attente depuis trois ans.

La Presse a publié lundi le cri du cœur de personnes paraplégiques et tétraplégiques qui réclamaient entre autres choses d’avoir des cathéters en nombre suffisant pour éviter les infections urinaires à répétition.

En entrevue téléphonique, Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, a souligné que de fait, les situations dénoncées « sont des choses inacceptables ».

Chaque personne a droit à sa dignité et celle-ci ne devrait jamais être reléguée au second plan en raison d’un programme non adapté.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

La somme de 1,2 million qui servira à éliminer la liste d’attente de 950 personnes sera récurrente. Le budget du Programme d’aides matérielles pour les fonctions d’élimination, qui aidait jusqu’ici 6000 personnes, s’établira désormais à 8,2 millions annuellement.

Les personnes présentant un handicap physique ou mental et celles qui ont un trouble du spectre de l’autisme sont admissibles à un remboursement (pour les fonctions d’élimination urinaire, intestinale et de trachéostomie) qui variera entre 75 % et 100 %, selon la situation financière particulière des demandeurs.

Selon la Régie de l’assurance maladie, le coût moyen annuel estimé d’une stomie, par exemple, est de 1590 $, somme qui peut varier d’une personne à l’autre selon le type de stomie et sa complexité.

Iniquité

Le Programme d’aides matérielles pour les fonctions d’élimination n’avait pas été revu depuis 2003, a souligné Lionel Carmant.

Sa mise à jour s’imposait d’autant plus, a-t-il dit, qu’il y avait iniquité.

PHOTO YAN DOUBLET, ARCHIVES LE SOLEIL

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Certains CLSC offraient le matériel médical en question aux personnes de leur territoire, d’autres pas. « C’est d’ailleurs le cas de plusieurs de nos programmes et nous sommes en train de nous assurer que d’un endroit à l’autre, les services seront les mêmes. »

L’argent est sur la table dès maintenant et le ministre estime que les personnes admissibles recevront de l’aide rapidement.

Le ministre Carmant a expliqué avoir été mis au courant d’une liste d’attente pour la première fois par la députée caquiste Marilyne Picard, il y a trois mois.

Par ailleurs, Walter Zelaya, directeur général de la Fondation Moelle épinière et motricité Québec, a salué hier dans un communiqué la sortie rapide de la ministre de la Santé, Danielle McCann qui, dès la publication du dossier de La Presse, a insisté lundi sur le nécessaire respect à accorder aux personnes les plus vulnérables.

N’empêche, a-t-il ajouté, « dans une société riche comme la nôtre, il est inacceptable que des personnes handicapées doivent rappeler qu’uriner et déféquer est un besoin essentiel ».