(Montréal) Une hospitalisation sur 20, chez les jeunes de 10 à 24 ans, était attribuable aux problèmes liés à l’usage d’alcool ou de diverses drogues en 2017-2018, indique l’Institut canadien d’information sur la santé.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Dans sa plus récente étude, l’Institut révèle qu’il y a alors eu 23 580 séjours à l’hôpital chez les jeunes de 10 à 24 ans, soit un taux de 5 % de tous les séjours à l’hôpital chez ces jeunes Canadiens.

C’est l’équivalent de 65 jeunes hospitalisés chaque jour au Canada, a précisé en entrevue Christina Lawand, chercheure principale à l’Institut.

Les « substances » prises en compte sont l’alcool, le cannabis, les opioïdes, les benzodiazépines, la cocaïne, la méthamphétamine et les autres, comme les solvants, hallucinogènes et produits inconnus.

Par province

Les résultats varient considérablement par province. La situation est particulièrement problématique dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, qui ont « des taux qui sont près de cinq fois plus importants que la moyenne canadienne », a souligné Mme Lawand.

On parle ici d’un taux de 1755 par tranche de 100 000 habitants pour les Territoires du Nord-Ouest et de 1095 par 100 000 habitants pour le Nunavut. À titre de comparaison, on parle d’un taux de 364 par 100 000 habitants pour l’ensemble du Canada.

Le Québec se situe sous la moyenne canadienne, avec un taux de 354 par 100 000 habitants, le Nouveau-Brunswick à 392 et la Nouvelle-Écosse à 260.

« Les provinces de l’Ouest sont généralement plus affectées que les provinces de l’Est », a noté la chercheuse Lawand.

Elle l’explique par des tendances historiques et certains facteurs socio-économiques comme la pauvreté. Par exemple, dit-elle, il est connu que les jeunes en région rurale sont plus susceptibles d’avoir des problèmes liés à l’utilisation de ces substances que les jeunes en milieu urbain, puisqu’il y a plus de services d’aide et de programmes de prévention en milieu urbain.

Santé mentale

La chercheuse s’inquiète du lien entre l’hospitalisation chez ces jeunes qui ont eu des problèmes après avoir consommé drogues et-ou alcool et les problèmes de santé mentale. Il peut s’agir de schizophrénie, de troubles psychotiques, de troubles anxieux, de troubles de l’humeur ou affectifs, par exemple.

« On voit que 70 % des jeunes qui sont hospitalisés suite à l’utilisation d’une drogue ou de l’alcool sont aussi traités pour un problème de santé mentale. Et c’est une proportion environ deux fois plus élevée que pour les adultes qui sont hospitalisés suite à l’utilisation d’une substance », a-t-elle relevé.

Elle rappelle que cette étude de 2017-2018 date d’avant la légalisation du cannabis au pays.

Fait à noter, c’est le cannabis, suivi de l’alcool, qui entraîne la majorité des hospitalisations en raison des problèmes causés par l’utilisation de ces « substances » étudiées.