(Montréal) Le Tribunal des droits de la personne a condamné un patient à 9500 $ en dommages moraux et punitifs pour avoir tenu des propos discriminatoires envers un travailleur de la santé.

La Presse canadienne

Selon les faits rapportés par le jugement, le plaignant, d’origine arabe, travaillait comme infirmier auxiliaire dans un hôpital de la région de Montréal. Lors d’un échange avec un patient, ce dernier lui a demandé agressivement de s’en aller, lui a dit de retourner chez lui et l’a traité de façon méprisante à cause de son origine ethnique.

La coordonnatrice de l’hôpital a dû intervenir, mais le patient a refusé de s’excuser et a demandé à être servi par d’autres employés qui ne sont pas d’origine arabe, ce qui lui a été refusé.

Lorsque le patient a été contacté par une enquêtrice de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour obtenir sa version des faits, il a réitéré ses propos et a menacé de s’en prendre physiquement au plaignant.

Durant l’audience, le patient a tenté de se justifier par le fait qu’il était sous l’effet de la morphine, mais la juge a conclu que la colère ou l’intoxication ne peuvent servir d’excuse valable au fait de tenir des propos discriminatoires.

Le plaignant a témoigné avoir trouvé difficile de travailler dans les semaines suivant les faits. Il a été affecté au point d’avoir des problèmes de sommeil et de ne plus sortir seul de l’hôpital.

Le jugement souligne qu’une société ne peut pas accueillir des personnes venant d’autres pays et pratiquant une religion différente de celle de la majorité, et du même souffle permettre qu’on leur reproche leurs origines ou leur confession religieuse, qu’on leur refuse un emploi ou l’accès à certains emplois. On ne peut pas permettre non plus à des gens de refuser d’être servis par ces personnes venues d’ailleurs.

Le Tribunal accorde donc au plaignant 7500 $ en dommages moraux et 2000 $ en dommages punitifs à cause de l’attitude cavalière du patient et du fait qu’il considérait encore ses propos justifiés.