(Montréal) Les Canadiens veulent plus de technologie en matière d’accès aux soins de santé, affirme l’Association médicale canadienne.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Les trois quarts des Canadiens, soit 76 %, pensent que la technologie peut aider les médecins et les fournisseurs de soins de santé à être plus efficaces et à voir plus de patients, selon un sondage Ipsos réalisé pour le compte de l’AMC.

Et 72 % d’entre eux estiment que le Canada a tardé à adopter les soins virtuels et que 70 % des médecins ne sont pas prêts pour les soins virtuels.

Ils sont également 77 % à juger que les gouvernements ne sont pas prêts non plus à financer l’accès aux soins virtuels.

« Règle générale, l’avancement [technologique] est très faible. On en est vraiment aux balbutiements. Nous sommes encore au temps des fax », a déploré le docteur Laurent Marcoux, président sortant de l’Association médicale canadienne, en entrevue avec La Presse canadienne.

Le docteur Marcoux rapporte que des cliniques fonctionnent encore avec des télécopies (fax) et des dossiers papier.

Le Québec fait bien

Certaines provinces sont plus avancées que d’autres ; le Québec fait d’ailleurs bonne figure en la matière, a souligné le docteur Marcoux. « Le Québec a un pas d’avance dans ce domaine-là », soutient-il.

Le Carnet santé Québec donne maintenant accès aux citoyens aux médicaments qui leur ont été prescrits, aux radiographies, ainsi qu’aux résultats des tests sanguins, par exemple.

« Le Carnet santé Québec me permet d’avoir mon dossier, de tout ce qui est dans le Dossier santé Québec. Je peux l’avoir, le consulter et avoir une discussion avec mon médecin. C’est ce que les Canadiens veulent en général », a illustré le président sortant de l’AMC.

« Par contre, ils ont des dossiers médicaux électroniques qui sont probablement, dans certaines provinces, mieux adaptés que les nôtres qui sont multiples. Ils ont des dossiers électroniques plus uniques, qui permettent de meilleures interactions entre eux », a objecté le docteur Marcoux.

En fait, 84 % des Canadiens souhaiteraient avoir accès à tous leurs renseignements de santé personnels à partir d’une seule plateforme électronique.

Et malgré tout ce qu’on entend ces jours-ci sur les craintes des gens quant à la protection des renseignements personnels, 44 % des Canadiens seraient prêts à permettre à un système comme Alexa, Google, Fitbit ou Siri de surveiller leur état de santé et de signaler tout problème à un fournisseur de soins.

Et 46 % seraient prêts à téléverser leurs données de santé dans un tel système.

Ces questions touchant la technologie, les informations sur l’état de santé d’une personne et la protection des renseignements personnels n’inquiètent pas outre mesure le docteur Marcoux. Il est persuadé que le tout peut être fait de façon sécuritaire.

Le sondage Ipsos a été réalisé auprès de 2005 Canadiens adultes entre le 26 juin et le 2 juillet dernier. Il comporte une marge d’erreur de 2,5 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

L’Association tiendra d’ailleurs un sommet, les 12 et 13 août à Toronto, pour discuter de la façon d’obtenir un système de santé plus connecté pour les Canadiens.