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L'étude sur la rémunération des médecins au Québec fait réagir

Michelle Stoaks takes the blood pressure of patient...

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Michelle Stoaks takes the blood pressure of patient June Chaper at DuPage Medical Group in Lisle, Ill., April 6, 2016. A new study has shown Obamacare health plans are asking for rate increases twice as high as last years. (Whitten Sabbatini/The New York Times) medecin, docteur, medecin de famille, clinique

La publication d'une étude sur la rémunération des médecins au Québec a fait beaucoup de vagues, mercredi. Tour d'horizon des réactions.

PAS BESOIN DE NOUVELLES MESURES POUR AUGMENTER LA PRODUCTIVITÉ, DIT BARRETTE

La plus récente entente entre le gouvernement Couillard et les médecins spécialistes - dont le contenu n'a pas encore été rendu public - ne contient aucune nouvelle mesure pour inciter les médecins à être plus productifs, a révélé le ministre de la Santé Gaétan Barrette, hier, alors qu'il réagissait à la publication d'une importante étude indépendante réalisée à la demande du Commissaire à la santé et au bien-être concluant que les hausses de rémunération accordées aux médecins au Québec de 2006 à 2015 n'avaient pas été accompagnées d'un meilleur accès aux soins. Le gouvernement n'a pas besoin d'imposer de nouvelles mesures aux médecins pour les inciter à travailler plus puisqu'il a fait adopter des lois déjà assez contraignantes - les projets de loi 20 pour les omnipraticiens et 130 pour les spécialistes - depuis 2015 (fin de la période couverte par l'étude), a indiqué le ministre Barrette.

« CONSTAT DU PASSÉ »

Aux yeux du ministre de la Santé, l'étude commandée par le Commissaire à la santé et au bien-être - poste aboli depuis par le gouvernement Couillard - reflète un « constat du passé ». La baisse de productivité des médecins était « connue », on n'avait « pas besoin d'une étude pour montrer ça », a-t-il insisté, hier, en réponse aux questions des médias en marge d'une conférence de presse où il inaugurait la 29« super-clinique » du Québec dans le quartier Rosemont à Montréal. L'étude scientifique codirigée par Damien Contandriopoulos et Astrid Brousselle met en lumière les effets pervers de la rémunération à l'acte où les clientèles vulnérables sont négligées puisqu'elles sont moins « payantes ». « Le problème n'est pas le mode de rémunération. La conclusion est simple et elle est écrite dans le rapport : il faut adapter le mode de rémunération, et c'est ce qu'on a fait. Mais il faut lui ajouter des mesures gouvernementales, qu'on a aussi mises en place », a réagi le ministre Barrette.

LA PRODUCTIVITÉ DES MÉDECINS, TOUJOURS UN ENJEU, SELON COUILLARD

La productivité des médecins est toujours un enjeu au Québec, a convenu pour sa part le premier ministre Philippe Couillard, hier, qui est en voyage officiel en France. Mais le système actuel est encore celui qui incite le plus les médecins à voir des patients et l'augmentation constante des salaires de la profession a été stoppée, résume-t-il. Pour M. Couillard, pas question de remettre en question le mode de rémunération à l'acte, le maillon faible du système de l'avis des chercheurs. La rémunération à l'acte, « avec tous ses défauts, fait en sorte qu'on a intérêt à voir plus de patients. Si on change le mode de rémunération pour qu'il n'y ait plus d'incitatif, on va accentuer le phénomène », a prévenu le premier ministre.

LA CAQ « AVAIT RAISON »

Pour le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault, cette étude montre que son parti « avait raison » de proposer de modifier le mode de rémunération des médecins de famille pour les inciter à déléguer davantage d'actes aux infirmières ainsi qu'à prendre en charge des patients avec des problèmes de santé mineurs « sept jours sur sept » en les rémunérant par « capitation ». « Ça prend du courage que le gouvernement Barrette-Couillard n'a pas eu », a ajouté M. Legault en marge d'une conférence de presse, hier, où il présentait son candidat dans Vanier. Il a répété qu'un gouvernement caquiste rouvrirait l'entente avec les médecins spécialistes. « Le problème, c'est qu'on a dépassé le rattrapage [avec l'Ontario] qui était visé [...] C'est injuste pour tous les travailleurs du Québec et il faudrait renégocier », a dit M. Legault, qui s'est aussi engagé à rétablir le poste de Commissaire à la santé, aboli par le gouvernement Couillard, s'il était élu.

LE PQ VEUT AUSSI REVOIR LE MODE DE RÉMUNÉRATION DES MÉDECINS

« Que des patients soient considérés comme "non rentables" par certains médecins payés à l'acte, ça me révolte. C'est une dérive qu'on doit enrayer tout de suite. Un médecin doit avoir comme priorité de s'occuper des gens les plus vulnérables », a réagi Diane Lamarre, porte-parole du Parti québécois en matière de santé et d'accessibilité aux soins, hier, après avoir pris connaissance des conclusions de l'étude. Le PQ croit qu'il est maintenant temps de geler la rémunération et les augmentations des médecins en plus de revoir leur mode de rémunération. Le PQ s'est aussi engagé, s'il est porté au pouvoir, à rétablir le poste de Commissaire à la santé.

LES OMNIPRATICIENS PIQUÉS AU VIF

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, a été piqué au vif par les conclusions de l'étude portant sur la baisse de productivité de ses membres, les qualifiant de « boiteuses ». « Calculer la productivité des médecins en prenant le nombre de visites et le nombre d'actes, ce sont des raccourcis intellectuels plus ou moins surprenants », a dit le Dr Godin en entrevue à La Presse. Si le nombre d'actes réalisés par les médecins de famille a diminué, selon le président de la FMOQ, ce n'est pas parce que ses membres sont moins productifs, mais bien parce qu'ils ont délégué des actes à d'autres professionnels de la santé, notamment des infirmières, pour se concentrer sur les cas les plus lourds. « Si dans ta journée, tu transportais 20 briques de cinq livres, puis que maintenant tu transportes 15 briques de dix livres, tu transportes désormais moins de briques, mais reste qu'elles sont beaucoup plus lourdes », illustre le Dr Godin. Autre conclusion vertement critiquée par la FMOQ : celle voulant que les fédérations médicales aient trop de pouvoir pour gérer les enveloppes budgétaires destinées à la santé. « De penser que les fédérations décident seules de ce qu'elles font avec les enveloppes, c'est faux, s'insurge le Dr Godin. Le gouvernement doit approuver comment on dépense cet argent-là. »

LES SPÉCIALISTES RESTENT MUETS

La Fédération des médecins spécialistes du Québec a indiqué à La Presse, par l'entremise d'une responsable des communications, qu'elle ne voulait pas réagir aux conclusions de cette importante étude indépendante. Dans son analyse, l'équipe de chercheurs spécialisés dans le domaine de la santé, dont le professeur d'université Damien Contandriopoulos, recommande au gouvernement de « renforcer son pouvoir sur la gouverne du système de rémunération face aux fédérations afin de limiter leur influence sur la gestion de l'enveloppe globale ». « Si on a conservé le système de paiement à l'acte - qui date des années 70 -, c'est que les fédérations y tiennent mordicus, mais sur la base des données scientifiques, il n'y a pas de bonnes raisons de penser que c'est le meilleur système », a expliqué M. Contandriopoulos en entrevue à La Presse plus tôt cette semaine. 

- Avec la collaboration de Denis Lessard, à Paris




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