Cibles des spécialistes: Barrette ouvre la porte à assouplir les règles

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Or, le ministre a laissé entendre mercredi qu'il pourrait assouplir les règles pour les spécialistes comme il l'a fait pour les médecins de famille.

Photo Ivanoh Demers, archives La Presse

(Québec) Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, ouvre la porte à assouplir les règles concernant les cibles de performance que doivent atteindre les médecins spécialistes d'ici le 31 décembre.

Il s'est déjà entendu en octobre avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) pour changer les règles du jeu dans leur cas. Les médecins de famille étaient en voie de rater leur cible visant à inscrire 85 % des Québécois avant la fin de l'année. Ils ne subiront finalement pas de pénalités financières, car la loi 20 sur l'accès aux soins de santé est suspendue dans leur cas en vertu de l'entente.

Le taux d'inscription de 85 % devrait être atteint dans le premier trimestre de 2018, a précisé M. Barrette lors d'un point de presse mercredi. Il était de 79 % au 1er décembre. Cela est rendu possible parce que le ministre a permis aux médecins de famille de « préinscrire » des patients, c'est-à-dire d'inscrire des patients sans les avoir vus au préalable. Gaétan Barrette s'est félicité qu'un million de personnes de plus ont accès à un médecin de famille depuis l'élection du gouvernement Couillard en avril 2014.

Lundi, La Presse révélait que le ministère de la Santé prépare un projet de règlement pour mettre en application des sanctions contre les médecins spécialistes, conformément à la loi 20 adoptée dans la controverse à l'automne 2015. Il va de l'avant dès maintenant, car il est acquis que les spécialistes ne respecteront pas toutes les cibles de performance d'ici la date butoir du 31 décembre. Trois des quatre cibles sont en voie d'être ratées. Le tiers des spécialistes s'exposent à des pénalités pouvant représenter jusqu'à 30 % de leur rémunération.

Or, le ministre a laissé entendre mercredi qu'il pourrait assouplir les règles pour les spécialistes comme il l'a fait pour les médecins de famille. « Je souhaite et je pense qu'il est encore possible d'avoir une situation qui est du même ordre qu'avec les omnipraticiens », a-t-il affirmé. « Je suis ouvert à m'entendre avec tout le monde qui me garantit un résultat. »

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a demandé une période de « transition » comme celle convenue entre le gouvernement et la FMOQ, mais elle a retiré sa requête, selon M. Barrette. « Et là, on est dans une situation qui est potentiellement confrontationnelle (sic) », a-t-il dit.

Selon M. Barrette, l'entente avec la FMOQ prévoit que la loi 20 est suspendue pour deux ans. Le gouvernement peut la « réactiver », et donc faire appliquer des pénalités, s'il observe que les médecins de famille ne respectent plus leur cible durant cette période. Il entend surveiller en particulier la cible qui s'ajoute à celle du taux d'inscription : atteindre un taux d'« assiduité » de 80 %. Ce taux correspond à la part des visites médicales faites par les patients auprès de leur médecin de famille. Il vise à vérifier l'accessibilité d'un omnipraticien auprès des patients qu'il a inscrits. 

Mais si après deux ans les médecins respectent toujours les cibles, la loi 20 arrivera à échéance, et ils ne s'exposeront plus à des pénalités.

Pour le ministre, il fallait « agiter le bâton », la loi 20, afin de « changer le comportement des médecins ». « L'effet recherché est en voie d'être réalisé complètement, et c'est ce que la population veut », a-t-il plaidé.




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