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Une clinique pour sans-abri ouvre ses portes à Montréal

«Actuellement, la quasi-totalité de nos clients qui souffrent... (Photo: Olivier Pontbriand, La Presse)

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«Actuellement, la quasi-totalité de nos clients qui souffrent de problèmes de santé mentale n'est pas traitée. Avec la clinique, on veut prendre ces gens en charge pour les aider à sortir de la rue», explique Matthew Pearce, directeur général de la Mission Old Brewery.

Photo: Olivier Pontbriand, La Presse

Une clinique médicale sans rendez-vous ouvrira ses portes dès le mois d'octobre à l'intérieur de la Mission Old Brewery, au centre-ville de Montréal, et offrira des soins aux sans-abri de la métropole, a appris La Presse. Une dizaine de lits d'hospitalisation en santé mentale y seront même installés afin de traiter certains patients sur une plus longue période.

«Actuellement, la quasi-totalité de nos clients qui souffrent de problèmes de santé mentale n'est pas traitée. Avec la clinique, on veut prendre ces gens en charge pour les aider à sortir de la rue», explique le directeur général de la Mission Old Brewery, Matthew Pearce, qui a accepté de nous faire visiter les locaux de la clinique.

Une salle d'attente, une salle d'examen et deux salles de consultation sont déjà prêtes à être utilisées à la Mission Old Brewery. La clinique sera accessible depuis le boulevard Saint-Laurent.

À son ouverture, la clinique ne sera en activité que deux heures par jour. Une infirmière payée par l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal y accueillera les sans-abri ayant besoin de soins en santé mentale. Les psychiatres du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) y assumeront des gardes à tour de rôle.

Parallèlement, une infirmière du Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance s'occupera des patients ayant des problèmes physiques. «Les cas les plus lourds vont être référés à l'hôpital», explique M. Pearce.

Un «minihôpital»

Dans un autre local de la Mission Old Brewery, jusqu'à 10 lits seront disponibles pour soigner des patients en psychiatrie sur une plus longue période. «Ces lits s'adresseront aux patients ayant besoin de recevoir des soins de deux à trois fois par jour, qui ne peuvent pas être laissés à eux-mêmes, mais qui ne sont pas assez lourds pour devoir être hospitalisés dans un centre spécialisé», précise le Dr Paul Lespérance, chef du département de psychiatrie du CHUM.

«On héberge déjà cette clientèle, mais on ne pouvait pas leur offrir de soins. Bientôt, au lieu d'être à l'hôpital, ces gens-là seront chez nous. Du même coup, on va pouvoir les intégrer dans nos programmes d'accompagnement pour les sortir de la rue», se réjouit M. Pearce.

En tout, une cinquantaine de patients par année pourront être ainsi traités en longue durée, selon le Dr Lespérance, qui croit que la clinique améliorera l'efficacité des soins aux sans-abri. «En allant directement dans leur milieu, on espère pouvoir avoir un meilleur suivi de nos patients itinérants», explique-t-il.

Le Dr Lespérance et son équipe critiquent depuis longtemps le fait que l'organisation des soins psychiatriques à Montréal favorise le phénomène des «portes tournantes» - le fait que les patients sans-abri passent sans arrêt de la rue à l'hôpital ou à la prison sans être véritablement soignés.

À la suite de la mort de deux sans-abri en 2011 et en 2012, le Dr Lespérance et son équipe avaient déposé un premier projet ambitieux à l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Évalué à 8 millions par année, ce projet de soins spécialisés pour les sans-abri avait été refusé.

«On est en contexte de restrictions budgétaires. Mais maintenant, on a réussi à mettre sur pied la clinique. Pour l'instant, ça reste un projet-pilote d'un an. On commence à petite échelle. Mais on aimerait que ça ne s'arrête pas là», dit le Dr Lespérance.

«On veut convaincre Québec que ça marche», ajoute M. Pearce, qui a déjà réservé un deuxième étage à sa clinique dans le but de l'agrandir, et qui aimerait ouvrir jusqu'à 40 lits de soins de longue durée.

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Les sans-abri en chiffres

> De 20 000 à 30 000: Nombre estimé de personnes sans-abri à Montréal.

> De 40 % à 50 %: Proportion de sans-abri souffrant de troubles de santé mentale.

> 50 %: Proportion de sans-abri montréalais vivant dans les rues du centre-ville.




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