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Urgences: Réjean Hébert change la stratégie

Le ministre de la Santé Réjean Hébert, qui... (Photo : archives Le Soleil)

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Le ministre de la Santé Réjean Hébert, qui est gériatre de formation, mise d'abord sur les soins à domicile et l'instauration d'une assurance autonomie.

Photo : archives Le Soleil

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, qualifie d'«inacceptable» la situation aux urgences, mais il refuse de promettre que les temps d'attente vont s'améliorer dans les prochaines années.

«Je n'ai pas baissé les bras, mais on change la stratégie», a-t-il déclaré lors d'une entrevue exclusive avec La Presse.

«Mes prédécesseurs Couillard et Bolduc se sont acharnés à essayer de régler le problème des urgences aux urgences. Dans la dernière année, la durée moyenne de séjour a augmenté dans les urgences du Québec. Ça prouve que leur stratégie a été un échec. Pour moi, si le problème est aux urgences, la solution est à l'extérieur des urgences.»

Le plan du Dr Hébert

Le Dr Hébert affirme qu'il est particulièrement préoccupé par la durée du séjour des patients âgés de 75 ans et plus ainsi que des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, qui attentent en moyenne près de 24 heures. C'est sur ces deux variables qu'il veut agir en priorité.

Le Dr Hébert, qui est gériatre de formation, mise d'abord sur les soins à domicile et l'instauration d'une assurance autonomie. C'est d'ailleurs la raison principale de son engagement en politique. Un livre blanc sur les grandes lignes de l'assurance autonomie doit d'ailleurs être déposé ce mois-ci.

«Chaque jour, au Québec, il y a de 800 à 1000 patients qui bloquent des lits de courte durée dans les hôpitaux parce qu'ils attendent une place en CHSLD, explique le ministre. En misant sur les soins à domicile et l'ouverture de places en ressources intermédiaires, ça libère ces lits et ça permet d'hospitaliser plus rapidement les gens qui attendent sur une civière aux urgences. C'est sur cette cascade-là qu'on veut intervenir.»

Le Dr Hébert veut aussi favoriser l'implantation d'unités d'hospitalisation brève, c'est-à-dire de 72 heures et moins. Elles existent déjà dans une quinzaine d'hôpitaux du Québec. Elles sont aménagées dans des salles plus confortables, où les lumières sont éteintes la nuit. Elles servent à établir des diagnostics simples ou à ajuster la médication des personnes en crise mentale. Le Dr Hébert pense d'ailleurs que certaines urgences devraient se doter d'aires d'hospitalisation brève réservées aux personnes atteintes de maladie mentale.

Plan de désengorgement

Le ministre a aussi demandé à tous les hôpitaux d'établir un «protocole de surcapacité», qui prévoit qu'un patient peut être déplacé dans le couloir d'une autre unité ou d'un CHSLD quand les urgences débordent.

«J'aime mieux voir un patient en surcapacité sur un étage que sur une civière aux urgences, dit-il. Quand on a à choisir entre les deux, je pense que la personne âgée de 75 ans et plus va être beaucoup mieux traitée dans le couloir d'un CHSLD que dans le corridor des urgences.»

Même s'il est incapable de chiffrer ses engagements, le ministre garde le cap sur la cible maximale de 12 heures d'attente aux urgences fixée sous le gouvernement libéral.

«Une grande partie de la différence entre 17h30 et 12 heures, c'est les 75 ans et plus et la santé mentale. Si on met toutes nos actions en place, on ne sera pas loin de la cible de 12 heures.»




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