Pour fonctionner, la Clinique médicale pour migrants de Médecins du monde s'appuie sur un réseau de bénévoles, qui acceptent de prendre du temps pour venir en aide aux laissés pour compte du système de santé.

Mis à jour le 15 oct. 2012
Anabelle Nicoud LA PRESSE

Le soir d'été où nous visitons la clinique, un couple de médecins de la Gaspésie s'apprête à passer sa première soirée.

Sylvie Thibaudeau et Jacques Pelletier sont des habitués de l'humanitaire et de la coopération internationale. Ils se montrent curieux devant cette nouvelle expérience auprès de personnes migrantes, une clientèle plutôt rare en Gaspésie.

Tous deux sont curieux d'aller à la rencontre de patients issus de différents mondes culturels, et qui arrivent au Québec souvent après avoir eu une vie chahutée.

«Je suis impressionnée par leur courage, dit Sylvie Thibaudeau. Il faut faire quelque chose pour les soutenir. Qu'ils viennent jusqu'ici et qu'on ne fasse rien... Ce n'est pas possible.»

Le couple sait qu'il va devoir faire appel à son imagination au cours de ses heures de pratique: impossible, en effet, de diriger leurs patients vers le système de la santé.

«Il va falloir être créatifs et sortir de nos réflexes médicaux, à cause de l'accessibilité, dit Jacques Pelletier. C'est la même démarche de diagnostic que celle que nous avons habituellement. Mais pour la suite, il faut voir quelles sont nos possibilités d'actions. Au-delà de ça, la médecine reste la même partout.»

Tous deux s'attendent à revenir régulièrement.

«C'est beau de voir l'engagement autour de ce projet et que les gens se soucient de l'humain. C'est rassurant de voir qu'il y a de l'humain», dit Jacques Pelletier.