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Registre sur les incidents et accidents: la réalité est bien plus sombre

Le deuxième registre du gouvernement sur les incidents et accidents dans   les... (Photo: François Roy, archives La Presse)

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Photo: François Roy, archives La Presse

Le deuxième registre du gouvernement sur les incidents et accidents dans les établissements de santé du Québec, dont La Presse a dévoilé les détails vendredi, est incomplet. En réalité, le portrait est beaucoup plus sombre, a-t-on constaté.

Faute de personnel pour saisir et compiler les données, la coordonnatrice du programme du contrôle de la qualité de l'Hôpital général Juif, Marguerite Armutlu, admet qu'elle n'a fourni qu'une fraction des évènements déclarés. L'an dernier, cet hôpital avait déclaré trois décès.

«Il manque au gouvernement les incidents et accidents survenus de janvier au 31 mars 2012, soit pour une période de trois mois, dit-elle. On aimerait avoir une personne à temps plein pour s'occuper de la saisie des données et de la compilation, mais on n'a pas le budget. Les 222 chutes et 488 incidents ou accidents en lien avec la médication qui se trouvent dans le rapport ne couvrent donc que trois mois sur un total de six.»

Du côté du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), qui englobe six hôpitaux, on a précisé vendredi que seulement 61% des données ont été transmises au ministère dû à un problème informatique. L'hôpital a toutefois pu colliger toutes les données.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui s'était engagé à dévoiler publiquement le registre au plus tard le 30 juin, a fait volte-face vendredi, et a décidé de reporter la publication. Sans pouvoir fournir d'informations précises, la porte-parole du ministère, Noémie Vanheuverzwijn, a expliqué qu'il y a des «correctifs» à apporter au document pourtant final, qui a déjà été acheminé aux hauts dirigeants du réseau de la santé, selon nos informations.

Neuf morts à Montréal

Dans ce rapport devant couvrir six mois, soit du 1er octobre 2011 au 31 mars 2012, il est question de 91 décès, mais le nom des établissements où les patients sont morts n'a pas été dévoilé.

Quelques vérifications auprès de grands établissements ont permis d'apprendre que quatre décès sont survenus au CHUM, trois en lien avec des traitements et un avec du matériel. Au CUSM, deux décès survenus durant la période couverte par le rapport font toujours l'objet de vérifications, a indiqué la directrice de la qualité, de la sécurité et de la performance Patricia Lefebvre. Ils n'ont pas été envoyés au ministère. Le nombre de déclarations a par ailleurs augmenté de 7851 en 2009-2010 à 9862 en 2011-2012. Mme Lefebvre voit cette augmentation de façon positive. Le fait que le personnel médical est plus prompt à déclarer les événements indésirables permet à l'établissement d'en tirer des leçons et de s'améliorer, dit-elle. Tout le nouveau personnel médical, les gestionnaires et même les étudiants de McGill reçoivent des formations sur le registre pouvant aller jusqu'à six heures.

Le Centre de santé et de services sociaux de Laval, dont relève la Cité de la santé, a déclaré deux morts. La Presse a obtenu ces chiffres en vertu de la loi sur l'accès à l'information. Il s'agit d'une amélioration par rapport à 2009-2010, où huit patients avaient perdu la vie. Un patient est aussi décédé à l'Institut de Cardiologie, révèle une autre compilation. Depuis 2008-2009, un patient est mort chaque année à la suite d'un accident dans cet hôpital spécialisé.

Les plus récentes données sur le nombre de décès ont fait bondir le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), qui trace un lien entre le nombre de chutes et la médication chez les personnes âgées. «Une médication inappropriée est souvent en cause, estime Pierre Blain, directeur général du RPCU. Le personnel médical devrait s'assurer que les personnes âgées en institution ont une médication appropriée à sa condition et que des suivis réguliers sont faits».

Paul Brunet, dirigeant du Conseil pour la protection des malades, estime que les établissements devraient tous mettre en place un comité de vigilance. «Il y aura toujours une sous-déclaration des cas, mais on a au moins commencé à se documenter. C'est clair que le ministre Bolduc va dire que tout va bien, mais ces données parlent d'elles même. Et ce n'est pas avec des phoques en peluches auprès des malades qu'on va régler la situation, c'est avec des ressources supplémentaires.»

Pour réduire les chutes, l'Hôpital Juif a mis en place des mesures. «Les risques de chute sont évalués à l'admission pour chaque patient, explique la responsable, Mme Armutlu. Nous apposons un logo représentant une feuille d'automne aux portes des usagers à haut risque. De cette façon, le personnel est prévenu d'y porter attention.»

Avec la collaboration de William Leclerc




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