Le Dr Guillaume Langlois est convaincu qu'il y aurait une «dépression collective» dans son village si la coopérative devait fermer ses portes. Il a l'intention d'assurer la continuité, mais pour y parvenir, il lui faut du soutien administratif, une infirmière praticienne et d'autres médecins de village pour grossir les rangs de sa pratique. «On n'a pas atteint le dixième de ce qu'on veut», dit-il.

Sara Champagne LA PRESSE

À l'heure actuelle, ce sont des bénévoles qui voient à la gestion de la coopérative. Les surplus de la clinique sont retournés dans la communauté, et ont servi notamment à éclairer la piste de ski de fond. Un jour, espère-t-on à Sainte-Gertrude, il y aura une piscine municipale. Des terrains de tennis et de volleyball, aussi. «L'objectif est d'améliorer la santé de notre population, explique le médecin de village. Il faut traiter les problèmes de santé à la base.»

Afin d'atteindre ses objectifs pour son village, le Dr Langlois mène un autre combat, cette fois pour que la coopérative devienne un groupe de médecine de famille (GMF) accrédité par le gouvernement. Actuellement, elle ne répond pas aux normes établissant qu'un GMF moyen doit desservir environ 15 000 patients inscrits, regrouper 10 médecins, 2 infirmières à temps plein qui assurent une présence de 70 heures par semaine et 2 personnes affectées au soutien administratif.

Il y a deux semaines, le Dr Langlois a obtenu une rencontre avec un conseiller du ministre de la Santé, Yves Bolduc. On lui a dit qu'on allait voir comment on peut faire une entorse à la loi pour que sa coopérative obtienne l'accréditation et des ressources supplémentaires. Mais rien n'est gagné. Et c'est la communauté qui doit continuer de tenir sa coopérative de santé à bout de bras.