Des centaines de milliers de Canadiens vivant de façon précaire sont aux prises avec les mêmes risques pour la santé que les sans-abri, selon ce que révèle une nouvelle étude.

Mis à jour le 19 nov. 2010
Heather Scoffield LA PRESSE CANADIENNE

La maladie mentale, la faim ainsi que les problèmes chroniques de santé comme l'arthrite et l'hépatite B sont aussi répandus au sein de la population «logée précairement» que parmi les sans-abri, selon ce que suggère une recherche effectuée par un réseau d'universitaires, de médecins et de travailleurs du milieu communautaire.

 

Leur enquête menée à Vancouver, Toronto et Ottawa suggère que pour chaque personne vivant dans la rue, il y en a 23 autres qui risquent de devenir à leur tour sans-abri parce qu'elles vivent dans un environnement inabordable, surpeuplé et dangereux.

Les chercheurs estiment que c'est le cas d'environ 400 000 personnes à travers le Canada, une situation d'urgence qui est cachée et ignorée, selon eux.

Le Centre canadien de recherche sur l'itinérance, le logement et la santé affirme que la meilleure solution à ce problème serait d'améliorer la qualité des logements abordables.

Selon eux, Ottawa devrait imposer des normes et développer une stratégie nationale en matière de logement.

Il s'agit de la troisième organisation à exiger une telle stratégie cette semaine.

Un peu plus tôt, les Banques alimentaires du Canada ont révélé que leur nombre d'usagers avait grimpé au cours des deux dernières années. Selon l'organisation, le leadership fédéral en matière d'accès à des logements décents est nécessaire à la lutte contre la pauvreté.

Un comité parlementaire, composé de députés de tous les partis, a par la suite déposé un rapport à la Chambre des communes sur la pauvreté, pressant le gouvernement fédéral de maintenir le financement pour les logements abordables, entre autres.

Ces appels ont toutefois suscité peu d'intérêt de la part du gouvernement. Ryan Sparrow, porte-parole de la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a indiqué par courriel vendredi que le logement était une compétence provinciale.

Les chercheurs ont souligné que le problème était sous-estimé parce que ces personnes ont un toit au-dessus de leur tête. Elles vivent toutefois dans de telles conditions qu'un rien pourrait les faire basculer dans l'itinérance, selon eux.

La moitié de ces personnes ont souffert de maladies mentales dans le passé, et près des deux tiers ont subi un traumatisme cérébral. Elles sont également nombreuses à présenter de lourds problèmes de santé, notamment de l'asthme et de l'hypertension.