Deux incendies de forêt sont en cours au Nunavik, dans le nord du Québec. Selon la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) et Environnement Canada, un printemps hâtif et du temps sec ont créé des conditions favorables à leur propagation.

Publié le 11 juin
Frédérik-Xavier Duhamel
Frédérik-Xavier Duhamel La Presse

Le plus vaste, identifié comme le feu 259 sur le site web de la SOPFEU, atteignait une superficie de près de 4500 hectares samedi matin. « Ce n’est pas un incendie sur lequel on va intervenir », dit Mélanie Morin, porte-parole de la SOPFEU. « C’est commun dans le nord du Québec, c’est un incendie qui ne menace rien dans ce secteur-là », explique-t-elle.

L’autre, le feu 261, atteint 113 hectares, mais a donné lieu à un avertissement de fumée vendredi étant donné sa proximité avec Kangiqsualujjuaq, un village de moins de 1000 habitants situé sur la côte est de la baie d’Ungava.

Selon Mme Morin, de tels brasiers ne sont pas rares, « mais cette année, ils ont eu un printemps hâtif dans ce secteur-là, donc une fonte des neiges très rapide qui fait en sorte que c’est très sec en ce moment », en plus de faibles précipitations. « Les conditions sont là pour avoir de la propagation [des feux] », observe-t-elle.

« Pour le mois de mai, comme pour les régions du sud, les régions du nord ont senti les vagues de chaleur », confirme Maxime Desharnais, météorologue à Environnement Canada. « C’est pas anomal, mais c’est quand même inusité d’avoir des vagues de chaleur comme ça si tôt dans l’année », ajoute-t-il.

La région a connu « une anomalie positive de 1 à 2 degrés plus chaud que la normale pour tout le mois », précise-t-il, notant aussi qu’il y a eu « beaucoup moins de précipitation qu’à la normale ».

Le feu 259 a été causé par des opérations industrielles, selon la SOPFEU. « C’étaient des opérations pour remettre l’endroit dans son état normal. Ce qu’on me dit, c’est que des bâtiments devaient être brûlés et le tout a été échappé », explique Mme Morin, qui n’est pas en mesure d’identifier l’entreprise impliquée.

L’Administration régionale Kativik (ARK) n’avait pas répondu aux questions de La Presse sur l’origine du brasier au moment de publier ce texte. La cause du feu 261 reste à déterminer.

Dans son dernier rapport sur les conséquences du changement climatique, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) note que « le changement climatique a accru l’incidence des conditions plus chaudes et plus sèches favorables aux incendies de forêt » en Amérique du Nord.

Consultez le site de la SOPFEU