Même s'ils sont nettement moins satisfaits de leur emploi que le reste de la population québécoise, les 240 000 employés du réseau de la santé aiment leur métier et tirent une grande fierté de ce qu'ils font, révèle un sondage CROP publié ce matin.

Tristan Péloquin LA PRESSE

Réalisé pour le compte de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), le coup de sonde indique que 42% des employés - personnel soignant, personnel de soutien et cadres - sont satisfaits de leur situation au travail. Dans la population en général, la proportion de satisfaction atteint 62%. Parmi les principaux irritants, le personnel du réseau de la santé se montre particulièrement insatisfait de la charge de travail qui leur est imposée et de l'équilibre travail/famille que permet leur horaire. N'empêche, 90% des employés disent être fiers de travailler dans le réseau de la santé. La nature de leur travail (95% de satisfaction) et l'impression de se réaliser sur le plan professionnel (81%) sont les raisons évoquées par la majorité des répondants.

Pour Lise Denis, directrice générale de l'AQESSS, ces données démontrent que le réseau de la santé a « des devoirs à faire » pour améliorer la satisfaction des employés. « Il y a une lumière rouge qui s'allume et qui nous dit que nous devons améliorer certaines choses. Déjà, 23 projets pilote sont en cours dans différents établissements pour trouver des solutions. Certains se sont concentrés à mieux utiliser les infirmières en déléguant plus de tâches aux auxiliaires pour réduire l'impact de la pénurie. D'autres, avec les syndicats, ont aménagé des horaires plus favorables pour que ce ne soient pas que les jeunes qui font les quarts de travail de soir ou de nuit. Il n'y a pas de solution miracle, mais on avance », affirme-t-elle.

À ses yeux, le lancement d'une campagne médiatique de revalorisation des métiers du réseau de la santé pourrait aussi avoir un effet positif. « Je ne sais pas trop comment cela peut s'articuler, mais j'ai en tête la campagne faite par l'Ordre des comptables il y a quelques années, qui a voulu se débarrasser de l'image plate qu'ils avaient en montrant des comptables avec des piercings. Je ne dis pas qu'il nous faut la même chose, mais c'est un concept qui a changé bien des perceptions », explique Mme Denis.

Fait à noter, alors que seulement 41% du personnel soignant - infirmières et auxiliaires, pharmaciens, ergothérapeutes - est satisfait de la contribution qu'il apporte à l'institution, cette proportion atteint 63% chez les cadres du réseau de la santé. Les cadres sont d'ailleurs généralement plus satisfaits de leur emploi, dans une proportion de 55%, contre 38% pour le personnel soignant et 49% pour les employés de soutien (informaticiens, employés d'entretien). « Cela s'explique probablement par le fait que les cadres ont l'impression d'avoir une meilleure emprise sur l'organisation que le reste du personnel », avance Mme Denis.

Le sondage CROP a été réalisé grâce à un échantillonnage de 798 employés sélectionnés au hasard dans 14 établissements du réseau de la santé, qui ont rempli un questionnaire en ligne entre le 16 avril et le 10 mai. D'un point de vue statistique, sa marge d'erreur est de 3,5% pour l'ensemble de l'échantillon, et varie entre 6,5% et 5,4% pour les chiffres ventilés par catégorie d'emploi, et ce, 19 fois sur 20.