La ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, a été ébranlée quand La Presse lui a annoncé que des résidences privées pour aînés n'hésitent pas à engager des préposés aux bénéficiaires sans formation.

Mis à jour le 19 mai 2009
Ariane Lacoursière LA PRESSE

«Dans les critères de certification, il est indiqué qu'au moins une personne formée en réanimation cardiovasculaire, en secourisme et en déplacement sécuritaire de personnes doit en tout temps se trouver dans les résidences. Ces formations sont données par la Croix-Rouge, par l'Ambulance Saint-Jean et par d'autres organismes. Elles sont facilement accessibles», a déclaré d'entrée de jeu Mme Thériault.

 

La ministre affirme que les évaluateurs qui se rendent dans les résidences doivent s'assurer qu'au moins un employé formé est présent en tout temps dans la résidence.

Certification

La ministre reconnaît toutefois que le processus de certification n'est pas très exigeant. «Il amène les propriétaires de résidences à respecter un minimum de normes, dit-elle. Ce que nous exigeons, c'est la base. Les résidences qui accueillent des personnes en perte plus grave d'autonomie devraient avoir des préposés avec des formations plus complètes», dit-elle, tout en reconnaissant que le processus de certification n'impose pas une telle exigence.

Malgré le constat de La Presse, Mme Thériault croit tout de même que la population québécoise peut avoir confiance dans les résidences privées et que le processus de certification est efficace. «Avant, il n'y avait aucun système pour superviser le privé. Maintenant, on a au moins des critères», explique-t-elle.

«Avec la certification, on voulait s'assurer qu'il y ait un minimum de normes. On partait de loin. On a fait un bon premier pas», ajoute la ministre.

Mme Thériault reconnaît que la pénurie de préposés aux bénéficiaires peut amener des résidences à engager des gens sans formation. «La pénurie de main-d'oeuvre, c'est partout. Les préposés ne font pas exception. Il faut essayer de renverser la tendance. Mais plusieurs corps de métiers tentent de s'arracher les candidats», dit-elle.

Même si elle répète que la majorité des résidences privées pour aînés sont de qualité, Mme Thériault reconnaît qu'il y a «place à l'amélioration» dans le processus de certification. «On ne pourrait pas mettre des exigences supplémentaires pour toutes les résidences. Mais on pourrait adapter les critères en fonction du type de résidence», avance-t-elle.

Par exemple, les résidences qui accueillent des personnes âgées en perte d'autonomie pourraient avoir l'obligation de prouver que tous leurs employés ont reçu des formations spécialisées.