En 2008, le Canada a admis 10 448 résidents permanents de plus que l'année précédente et se targue d'avoir aussi reçu près de 27 846 résidents temporaires de plus. Les effets de la crise risquent cependant de changer la donne quand les prochains chiffres sur les nouveaux arrivants seront dévoilés, prédit cependant un avocat spécialisé en immigration.

Mis à jour le 21 févr. 2009
Louise Leduc LA PRESSE

Dans un communiqué de presse transmis hier, Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, assure, lui, que crise ou pas, le Canada demeure un pays très ouvert à l'immigration. «Notre gouvernement ne suivra pas les conseils de ceux qui estiment que le Canada devrait prendre des mesures pour réduire les niveaux d'immigration. (...) À titre de ministre responsable du multiculturalisme, je suis particulièrement préoccupé par des rhétoriques conflictuelles et myopes qui créent une compétition entre les immigrants et les Canadiens au sein de l'économie.»

 

L'effet de la récession

Il est vrai que 2008 a été une année faste, dit Richard Kurland, avocat spécialisé en immigration. Cependant, soutient-il, si le Canada accueille toujours à bras ouverts les résidents permanents, le rideau est pratiquement tombé pour les résidents temporaires, nettement moins désirables en temps de récession. «Encore en 2008, l'Alberta et le gouvernement fédéral ont fait venir 50 personnes pour travailler dans des Tim Hortons. Aujourd'hui, la chose ne se verrait plus.»

«Depuis que la prospérité n'est plus au rendez-vous, enchaîne M. Kurland, le Ministère a nettement haussé les exigences faites aux employeurs qui voudraient recruter à l'étranger.»

Trente-huit métiers sont toujours à l'abri - dans le secteur des mines, par exemple, où il y a pénurie de main-d'oeuvre - mais, autrement, les employeurs doivent prouver concrètement qu'il leur est absolument impossible de trouver sur place un Canadien apte à faire le travail. «Il risque d'ailleurs d'y avoir un prix politique à cela pour le ministre Kenney, avance M. Kurland. À Toronto ou à Vancouver, on ne voit pas d'un très bon oeil ce resserrement des règles, ne serait-ce qu'en ce qui a trait à l'arrivée de domestiques philippines au Canada.»

Les chiffres dévoilés hier par Ottawa ne précisent pas de quel pays proviennent les immigrés.

En 2008, on a noté au Québec l'admission de 45 882 résidents permanents (comparativement à 45 201 l'année précédente).

En 2008, l'Alberta a enregistré une explosion d'admissions de résidents temporaires, en hausse de 33%.