Une fête entre amis a pris une tournure dramatique, tôt hier matin, dans le secteur de Fabreville, à Laval. Tout indique qu'un jeune homme de 19 ans, Cédric Foisy, s'est noyé après un accident de canot dans la rivière des Mille-Îles.

Martin Croteau LA PRESSE

Après un branle-bas de 12 heures, les pompiers de Laval et les plongeurs de la Sûreté du Québec ont cessé de scruter le cours d'eau peu après 13h hier. Les fortes averses les empêchaient d'utiliser leurs appareils de détection. Les recherches reprendront ce matin, mais les policiers ne se font guère d'illusions.«À ce stade-ci, on ne peut plus vraiment avoir espoir qu'il se soit rendu sur une île ou sur la rive, a indiqué la porte-parole de la police de Laval, Nathalie Laurin. Tout a été fouillé, tout a été vérifié. Un hélicoptère privé a même survolé les lieux pendant une heure, sans le voir.»

La veille, une douzaine d'amis faisaient la fête autour d'un feu de camp, derrière une maison du boulevard Sainte-Rose. De petits groupes allaient et venaient en canot entre la rive et une île située au milieu de la rivière. Puis, alors que trois jeunes hommes se trouvaient à bord, l'embarcation a commencé à prendre l'eau. Elle a été prise dans un tourbillon et ses occupants ont été précipités dans l'eau glaciale.

«Ma conjointe s'est fait réveiller par des cris, relate Jeff Larivée, qui habite à quelques mètres du lieu de la fête. Au début, on a pensé que c'était un party, puis que c'était une chicane. Mais on s'est vite aperçus que quelque chose de grave se passait.»

Les amis des victimes ont rapidement mis un autre canot à l'eau. Ils ont réussi à rescaper deux jeunes hommes, qui ont été traités pour hypothermie. Mais ils n'ont jamais repéré Cédric, qui ne portait pas de veste de flottaison.

«À ce temps-ci, l'eau est à 12 ou 13°, explique Jeff Larivée. Les jeunes de cet âge-là ne peuvent pas résister très longtemps à l'hypothermie.»

Lors du passage de La Presse, hier midi, les cendres du feu de camp fumaient toujours. Deux caisses de bière se trouvaient à côté. Entre deux troncs d'arbres, on pouvait voir le canot vert qui a servi à sauver les deux garçons. Au loin, les pneumatiques de la SQ scrutaient la rivière des Mille-Îles. En vain.

Des amis sous le choc

Des dizaines de jeunes adultes ont convergé vers le domicile des frères qui organisaient la fête pour aider les secouristes et réconforter leurs amis sous le choc. Ils se serraient, bras dessus bras dessous, les larmes aux yeux, en faisant le pied de grue près de la maison brune.

«C'était un bon gars et un bon vivant», a confié un ami de la victime, qui avait assisté à la fête de la veille.

Sur la page Facebook du jeune homme, des dizaines de témoignages d'affection le confirment. Ses proches ont pleuré le départ d'un ami qu'ils décrivent comme drôle, souriant, festif.

«Je veux même pas réaliser que c'est à toi que c'est arrivé, lui a écrit une amie. Un gars avec une si belle joie de vivre, toujours là pour tout le monde. Toujours là pour nous faire rire. Jamais on pouvait s'ennuyer quand tu étais dans les parages.»

Une rivière dangereuse

La tragédie a rappelé de douloureux souvenirs à Francine Comeau, une voisine qui vit au bord de la rivière depuis 11 ans. C'est le troisième accident du genre depuis qu'elle habite le quartier. Et le deuxième à se solder par une noyade.

«Les courants sont traîtres ici, a-t-elle confié. Quand l'eau est basse, en été, ça va, mais quand l'eau est haute, ça nous amène vers l'autoroute 13 (à plus de 2km en aval) assez rapidement.»