Un enseignant d'une école privée de Montréal sera traduit en justice aux Etats-Unis relativement à plus de 230 chefs d'accusation de pornographie juvénile.

Mis à jour le 16 févr. 2009
Andy Blatchford LA PRESSE CANADIENNE

Richard Doucet, qui a enseigné l'anglais et les mathématiques à l'école Selwyn House, subira son procès à partir de mardi, à Fredericksburg, en Virginie.

Le Montréalais a été pris dans la toile du détective américain John Chapman, qui a fait de sa spécialité la chasse aux cyberprédateurs.

Après s'être fait passer pendant des mois pour un garçon de 13 ans sur le Web, l'année dernière, le policier de la Virginie a coincé Richard Doucet. John Chapman a allégué avoir eu plusieurs conversations sexuellement explicites sur Internet avec l'accusé entre décembre 2007 et mai 2008.

Le détective a indiqué que chaque chef d'accusation peut être passible d'une peine de cinq ans de prison, ce qui signifie que l'enseignant pourrait être condamné à plus de 1000 ans d'emprisonnement s'il est reconnu coupable sur tous les chefs.

Sous l'identité d'un garçon de 13 ans, John Chapman aurait fixé un rendez-vous à Richard Doucet dans un hôtel de Fredericksburg. De retour d'une conférence à Atlanta, c'est à cet endroit que l'accusé aurait été arrêté par la police.

Des images trouvées sur un disque compact saisi par la police dans la chambre d'hôtel soutiendraient les accusations de pornographie juvénile.

Le détective, qui traque les cyberprédateurs à travers les Etats-Unis, a coincé son premier étranger en la personne de Richard Doucet. Il a fait valoir que son travail ne se pliait à aucune frontière.

«Cela ne fait aucune différence pour moi s'ils viennent du Canada, du Mexique, de Suède ou d'Angleterre, a dit le père de trois enfants. Je souhaite seulement coincer les méchants.»

En deux ans et demi, il a procédé à quelque 20 arrestations en tant que membre d'un groupe de travail spécial. Jusqu'à maintenant, tous les suspects ont plaidé coupable.

L'homme de 43 ans a souligné que la Virginie est un Etat conservateur qui comporte certaines des lois les plus sévères sur la pornographie juvénile aux Etats-Unis.

Depuis 2006, le travail du détective a fait en sorte que le petit service de police de Dumfries, à 50 kilomètres au sud-ouest de Washington, défraie les manchettes à l'échelle nationale. «Nous sommes une petite unité, mais nous traitons des dossiers très importants», a-t-il soutenu.