Les libéraux de Michael Ignatieff ont connu leur part d'ennuis durant la dernière session.

Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Coincés entre des sondages qui les placent toujours deuxièmes et le peu d'appétit des Canadiens pour de nouvelles élections, les libéraux ont dû manoeuvrer souvent pour éviter de faire tomber le gouvernement.

Quelques volte-face spectaculaires - notamment sur la justesse d'une taxe sur les soins de santé proposée par le gouvernement de Jean Charest et la réforme du système d'attribution du statut de réfugié - ont contribué à renforcer l'image d'un Michael Ignatieff incertain.

 

Malgré une série de conférences visant à doter le parti d'un nouveau programme, les libéraux n'ont pas réussi à séduire les électeurs. Les appuis stagnent à environ 25%, guère mieux que durant le règne de Stéphane Dion.

Pour ajouter aux ennuis de Michael Ignatieff, des libéraux influents comme Jean Chrétien ont donné leur appui à l'idée d'une coalition entre le Parti libéral et le NPD pour vaincre les conservateurs aux prochaines élections.

Ayant écarté cette option qui pourrait lui coûter son poste, Michael Ignatieff passera donc un autre été à essayer de convaincre les Canadiens que son parti représente une solution de rechange aux troupes de Stephen Harper. Après une visite de quelques jours en Chine, au début du mois de juillet, le chef libéral sillonnera le Canada pendant plusieurs semaines pour vendre son message dans l'espoir de se rapprocher un peu plus du pouvoir.

«Les Canadiens ne veulent pas d'élections. Ils cherchent une alternative», a-t-il affirmé encore hier.

Avec des libéraux affaiblis au Québec, le Bloc québécois a pu réaligner son artillerie pour s'attaquer principalement aux conservateurs. Profitant aussi du froid qui persiste entre Jean Charest et Stephen Harper, le chef bloquiste Gilles Duceppe a fait flèche de tout bois: réduction du poids du Québec aux Communes avec l'ajout de sièges en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique; création d'une commission canadienne des valeurs mobilières; refus d'Ottawa de verser une indemnisation au Québec pour l'harmonisation de la TVQ et de la TPS; lutte contre les changements climatiques...

«Ce gouvernement va à l'encontre des intérêts du Québec, et son alignement dogmatique et rétrograde représente un danger non seulement pour le Québec, mais pour l'ensemble du Canada», a lancé Gilles Duceppe cette semaine.

Malgré le cancer de la prostate qu'il doit combattre, le chef du NPD, Jack Layton, a quant à lui bien joué ses cartes. Le NPD a réussi à faire adopter certains de ses projets de loi, dont la Loi sur la responsabilité en matière de changements climatiques (C-311). Il a aussi fait adopter une motion pour limiter le pouvoir du premier ministre de proroger le Parlement. C'est également le NPD qui a demandé au président des Communes de forcer le gouvernement à divulguer les documents sur les prisonniers afghans.

Devant les caméras, les chefs des trois partis de l'opposition se disent prêts à continuer le boulot à l'automne. Mais en privé, ils passeront tout l'été à peaufiner leur stratégie en prévision d'une possible campagne électorale.