(Halifax) Le premier ministre libéral de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a annoncé de manière inattendue son départ de la vie politique, jeudi, affirmant même qu’il était resté en poste plus longtemps que prévu à cause de la pandémie de COVID-19.

Keith Doucette et Michael Tutton
La Presse canadienne

Lors d’une conférence de presse, en matinée, il a déclaré qu’après 17 ans de vie politique dans sa province, il était temps pour lui de se reposer et de faire autre chose. Il a indiqué qu’il avait d’abord prévu tirer sa révérence en avril, mais la pandémie de COVID-19 est venue bousculer ses plans.

Stephen McNeil, qui a dirigé deux gouvernements libéraux majoritaires après les scrutins de 2013 et 2017, a précisé qu’il resterait en poste jusqu’à ce que les militants lui choisissent un remplaçant. Il avait été élu député pour la première fois en 2003 dans la circonscription d’Annapolis.

« Je ne pars pas parce que je n’aime pas le travail. J’adore le travail, en fait, et je bénéficiais d’un énorme soutien », a-t-il assuré. Mais le chef libéral a estimé qu’un changement de direction serait « une bonne chose pour la province ».

« J’allais en fait prendre cette décision en avril, puis la COVID-19 a frappé et j’ai réévalué », a-t-il expliqué jeudi. « Ensuite, (la Nouvelle-Écosse) a aplati la courbe et maintenant, le parti a une fenêtre pour se préparer à une course à la direction et à un nouveau chef. »

Le premier ministre a rappelé jeudi que les cinq derniers mois avaient été difficiles pour sa province, en raison de la pandémie mais aussi d’une série de tragédies, dont la tuerie qui a fait 22 morts en avril, puis l’accident mortel, le même mois, d’un hélicoptère Cyclone rattaché à un navire militaire basé à Halifax. L’accident en mer Égée avait fait six morts.

Bras de fer avec les syndicats

L’annonce de son départ a tout de même surpris les observateurs politiques, car M. McNeil avait déjà déclaré qu’il souhaitait solliciter un troisième mandat de premier ministre. Il a d’ailleurs confirmé jeudi qu’il n’avait informé le caucus libéral de sa décision que le matin même.

En guise de legs politique, il s’est dit fier d’avoir facilité la croissance du secteur privé et d’avoir contrôlé les salaires dans le secteur public. « Bien des gens me disent encore que nous nous sommes trompés : je pense que nous avions entièrement raison », a-t-il soutenu.

« Certains pourraient croire que j’ai enlevé beaucoup aux employés syndiqués de la province : ça ne peut pas être plus éloigné de la vérité. J’ai simplement ralenti la croissance (des salaires). Cela nous a permis d’investir dans d’autres secteurs de notre économie. » M. McNeil a quand même souligné ses bras de fer avec les syndicats du secteur public, y compris un litige avec des enseignants qui a mené son gouvernement à fixer leurs salaires par décret.

Le premier ministre a rappelé que son gouvernement avait affiché cinq budgets équilibrés consécutifs, avant que la pandémie ne vienne brouiller les cartes.

Il gardera par ailleurs un souvenir ému de l’enquête sur des décennies de sévices commis dans un ancien orphelinat pour enfants noirs à Halifax. M. McNeil avait présenté aux victimes les excuses officielles de la province en octobre 2014. « C’est quelque chose que je vais emporter avec moi : cela m’a changé, à certains égards », a-t-il dit.

M. McNeil a indiqué jeudi qu’il n’avait aucun projet immédiat pour son avenir après la politique active.