(Toronto) Près de la moitié des hôpitaux de l’Ontario sont en mauvais état, une situation bien pire que pour les routes, les ponts et les autres infrastructures de la province, rapporte le Bureau de la responsabilité financière dans un rapport publié jeudi.

Colin Perkel
La Presse Canadienne

Le rapport estime que dans l’ensemble, environ le tiers des infrastructures de la province sont en mauvais état, et souligne que remédier à la situation coûtera cher.

Le bureau fixe le coût des réparations nécessaires à 64,5 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, soit environ 6,5 milliards par an. Ces sommes englobent les coûts nécessaires pour rattraper en cinq ans l’arriéré de réparations requises, puis pour effectuer l’entretien au cours des cinq années suivantes afin de maintenir les infrastructures à niveau.

Cependant, le gouvernement de Doug Ford n’a réservé que 47,7 milliards de dollars pour réparer les infrastructures au cours de la prochaine décennie dans son budget de 2019, souligne le rapport.

Au total, la province possède ou contrôle des infrastructures d’une valeur d’environ 265 milliards de dollars qui comprennent des transports en commun, des autoroutes, des ponts, des hôpitaux, des écoles, des collèges, des bureaux gouvernementaux, des établissements correctionnels et des palais de justice. L’entretien de ces infrastructures a cependant a pris du retard, créant un arriéré de travaux de plus en plus coûteux.

L’arriéré, selon le bureau, est estimé à environ 16,8 milliards de dollars pour le présent exercice.

Le rapport constate que l’entretien des hôpitaux, soumis à des pressions croissantes en raison de la pandémie de COVID-19, a pris plus de retard que pour les autres infrastructures. Au total, la province possède 913 bâtiments hospitaliers d’un âge moyen d’environ 47 ans ainsi que des machines et de l’équipement médical tels que des appareils d’imagerie, des respirateurs et des incubateurs.

« Les hôpitaux représentent la partie la plus importante du déficit infrastructurel, soit 4,8 milliards de dollars, suivis du transport en commun (4,0 milliards de dollars) et des écoles (3,7 milliards de dollars) », peut-on lire dans le rapport.

Le gouvernement se défend

Le premier ministre Doug Ford a assuré que son gouvernement faisait tout son possible pour soutenir les hôpitaux et a rejeté les allégations de sous-financement.

« Ce n’est tout simplement pas vrai. Nous investissons plus d’argent dans les soins de santé, plus d’argent dans la construction de nouveaux hôpitaux que n’importe quel gouvernement dans l’histoire de ce pays, sans exception », a dit M. Ford. « Alors peut-être devrions-nous nous asseoir, discuter avec la personne qui a rédigé ce rapport et lui expliquer les faits. »

La porte-parole néo-démocrate en matière de santé, France Gélinas, a estimé que le problème était présent depuis des années, accusant à la fois les progressistes-conservateurs de M. Ford et le gouvernement libéral précédent.

« Les Ontariennes et Ontariens méritent de grands hôpitaux modernes, pas des installations en ruine et un gouvernement qui les a ignorés », a dit Mme Gélinas.

Les routes et les ponts sont les infrastructures qui accusent le moins de retards dans leur entretien. Les transports en commun, en revanche, sont en difficulté, constate le rapport.

Le secteur des autoroutes et ponts est le seul qui soit « financé suffisamment pour éliminer complètement son déficit infrastructurel au cours des 10 prochaines années », indique le rapport.

Tous les autres secteurs d’infrastructures « présentent des écarts de financement », et le plus important touche le secteur du transport en commun, avec un écart de financement de 7,2 milliards de dollars.

Les principales fonctions du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario, un organisme indépendant, sont d’analyser les finances de la province et de surveiller les tendances de l’économie.