(Toronto) Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés mardi à l’extérieur de la Bibliothèque publique de Toronto, où une féministe autoproclamée refusant de reconnaître les personnes trans devait prendre la parole.

Liam Casey
La Presse canadienne

L’administration de la bibliothèque a dû faire face à d’intenses critiques au cours des dernières semaines à l’approche de la conférence de l’auteure Meghan Murphy, qui refuse de reconnaître les personnes transgenres.

PHOTO CHRIS YOUNG, LA PRESSE CANADIENNE

L'auteure Meghan Murphy

« Les droits des trans sont des droits de la personne ! », a crié la foule aux abords de l’institution située au centre-ville de Toronto. Par souci du respect de la liberté d’expression, la bibliothèque a tenu à ce que la conférence ne soit pas annulée.

Gwen Benaway, tout juste auréolée d’un prix de la Gouverneure générale en poésie plus tôt dans la journée, a dit vouloir participer à la manifestation pour poursuivre la lutte en faveur des droits des personnes transgenres.

« Nous faisons partie de la communauté, c’est notre bibliothèque et nous avons le droit d’être ici », a déclaré Mme Benaway, elle-même une femme transgenre qui s’est sentie offensée par la position de la conférencière.

Elle était soutenue par une foule émotive, mais pacifique.

« C’est de la transphobie », a dénoncé Cheri DiNovo, une militante de longue date pour les droits de la communauté LGBTQ+ et une ex-députée du parlement ontarien.

« Ce n’est pas du féminisme parce qu’elle n’inclut pas toutes les femmes, elle n’inclut pas les femmes trans », a-t-elle ajouté.

À l’intérieur de la bibliothèque, environ une centaine de personnes ont assisté à la conférence, majoritairement des femmes. Meghan Murphy a parlé durant une trentaine de minutes.

« C’est ridicule, mais nous y sommes », a commenté la conférencière à propos de la présence des manifestants.

Le maire de Toronto, John Tory, a exprimé sa déception de voir la bibliothèque publique permettre cet événement.

Meghan Murphy, elle, a dit vouloir clarifier sa position, affirmant avoir été diffamée par les médias et les militants trans.

« Si vous êtes né mâle, vous demeurez mâle pour la vie », a-t-elle dit.

Elle a aussi affirmé que le mouvement pour les droits des personnes trans entraîne l’effacement des femmes.