(Ottawa) Après la certification « Aliments du Québec », la certification « Canada » ? Le gouvernement fédéral songe à instaurer une marque de commerce spécifique au pays pour « accroître la fierté et la confiance » des consommateurs à l’égard des produits canadiens.

Catherine Lévesque
La Presse canadienne

Il s’agit d’un des éléments de la Politique alimentaire pour le Canada dévoilée par la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, lundi matin à Montréal.

L’Agence canadienne de l’inspection des aliments mène des consultations pour mieux définir ce qui devrait être considéré comme des produits canadiens ou fabriqués au Canada.

À l’heure actuelle, la définition de « Produit du Canada » est considérée comme trop restrictive, puisque la totalité ou la presque totalité des ingrédients doivent provenir du pays.

Par exemple, un pot de confiture aux fraises du Québec, dont l’ingrédient principal est le sucre, ne pourrait pas s’afficher comme un produit canadien. Idem pour un pot de cornichons cultivés au Canada, parce qu’il contient du vinaigre qui a été importé.

Au terme de ces consultations, la ministre Bibeau espère encourager les Canadiens à acheter davantage de produits canadiens et à « mieux connecter » les consommateurs avec les producteurs. Elle vise à mettre en œuvre la politique dès 2020.

Elle estime cependant qu’il est « prématuré », à ce moment, de demander si l’affichage « Canada » entrera en conflit avec l’affichage « Aliments du Québec » déjà en vigueur pour les produits québécois.

D’autres annonces à venir

Le dernier budget fédéral prévoit 134 millions pour la Politique alimentaire pour le Canada, qui serviront à cinq programmes distincts.

Mme Bibeau a annoncé lundi matin que 50 millions serviront à appuyer des projets communautaires « qui améliorent l’accès à des aliments salubres, sains et diversifiés sur le plan culturel ».

Le fédéral a aussi l’intention de créer un programme national d’alimentation dans les écoles, de pair avec les provinces et les organismes sans but lucratif.

La ministre estime que cette initiative n’empiétera pas non plus sur les champs de compétences des provinces, puisqu’elle n’entre pas dans le système éducatif.