Deux anciens avocats du cabinet Dunton Rainville, qui a été montré du doigt par la commission Charbonneau, offrent leurs services gratuitement dans la requête en déclaration d'inégilibilité à l'encontre du maire de Laval, Marc Demers.

Mis à jour le 10 déc. 2013
Kathleen Lévesque LA PRESSE

Me Charles Caza et Me Rino Soucy représentent Jacques Foucher, candidat défait à la mairie. M. Foucher avait convoqué la presse hier pour réitérer le bien-fondé de sa démarche judiciaire, demander au maire Demers de démissionner et de ne pas se représenter dans l'éventualité d'un jugement le déclarant inéligible.

M. Foucher était encadré par ses avocats, qui ont accepté de travailler dans cette cause «pro bono». Incidemment, les deux hommes sont les auteurs d'un livre sur l'éthique, à paraître en janvier; un dépliant promotionnel a été remis aux journalistes.

Au cours des derniers mois, Mes Caza et Soucy ont tous deux quitté Dunton Rainville. Me Caza y travaillait depuis 20 ans, alors que son collègue y était depuis 2006.

Le printemps dernier, les projecteurs ont été braqués sur certains de leurs collègues de Dunton Rainville, d'abord par l'Unité permanente anticorruption, puis par la commission Charbonneau. Les avocats Pierre Lambert et Jean Bertrand ont été arrêtés le 9 mai dernier avec 35 autres personnes, dont l'ancien maire Gilles Vaillancourt, accusé de gangstérisme. Me Lambert gérait la caisse occulte du PRO des Lavallois, et Me Bertrand était l'agent officiel de ce parti politique qui a utilisé les conseillers municipaux comme prête-noms.

Me Caza a tenu à préciser, lors de la conférence de presse, qu'il n'avait pas travaillé avec Mes Lambert et Bertrand, puisqu'il était au bureau de Montréal.

Quant à la cause d'inégibilité, les deux avocats ne s'attendent pas à une décision de la Cour supérieure avant le mois de mars. Le tribunal devra statuer si Marc Demers a illégalement déposé sa candidature en sachant qu'elle ne répondait pas aux critères de la loi, c'est-à-dire qu'il habitait à Laval depuis moins d'un an au moment du déclenchement de l'élection.

Pour Jacques Foucher, il s'agit d'une «question de principe» qui aurait dû être clarifiée avant les élections. M. Foucher affirme qu'il prône la «rectitude» en politique.