Les travaux ont repris un cours à peu près «normal» dans un deuxième chantier du projet de reconstruction de l'échangeur Turcot, lundi, après six semaines d'arrêt dues à la découverte des résidus d'amiante dans les sols de l'ancienne gare de triage ferroviaire, où se déroulent ces travaux.

Mis à jour le 10 déc. 2013
Bruno Bisson LA PRESSE

Depuis les premiers résultats d'analyses révélant la présence de fibres d'amiante, le 24 octobre dernier, le ministère des Transports du Québec (MTQ) a payé des frais d'analyse de sols «de plusieurs dizaines de milliers de dollars» à même un «fonds de prévoyance» de 700 millions pour l'ensemble du projet Turcot.

Selon Caroline Larose, porte-parole du MTQ, cette réserve de fonds a été créée pour couvrir l'ensemble des «imprévus» au cours des cinq prochaines années, au moment de la construction du nouvel échangeur qui reliera les autoroutes 15, 20 et 720 dans le sud-ouest de Montréal.

«Quand on dit que l'ensemble du projet Turcot est estimé à 3,7 milliards, dit-elle, c'est qu'on parle de 3 milliards pour le projet lui-même qui s'ajoute à ce fonds de 700 millions» pour couvrir des situations comme celle-ci.

La semaine dernière, le chantier de construction du futur boulevard Pullman, situé du côté ouest de l'échangeur Turcot, s'est remis en marche après avoir été ralenti avant les résultats de nouvelles analyses de sol commandées par le ministère des Transports du Québec (MTQ).

Hier, c'est le chantier de l'avenue de Carillon, du côté est de l'échangeur Turcot, qui a été réactivé après que le MTQ eut obtenu le feu vert de la Commission de santé et sécurité du travail (CSST) pour la poursuite de ces travaux en vue de la disparition d'une partie de la rue et du démantèlement d'un viaduc ferroviaire d'ici à l'automne 2014.

Un troisième chantier, en arrêt depuis le 24 octobre, reste suspendu en attendant la mise en place d'installations sanitaires pour la protection des travailleurs.

En plus de porter une combinaison protectrice et un masque respiratoire sur le chantier, les travailleurs doivent obligatoirement, par mesure de précaution, passer sous la douche avant de quitter un chantier où l'on soupçonne la présence d'amiante.

Les coûts de construction de ces installations sur les trois chantiers, ainsi que les travaux de prélèvement et d'analyses de plusieurs centaines d'échantillons de sols réalisés au cours de dernières semaines n'ont pas encore été comptabilisés par le MTQ. Ils s'élèvent «à plusieurs dizaines de milliers de dollars», a dit Mme Larose.

Ces coûts n'entameront pas sérieusement la réserve pour imprévus de 700 millions pour le projet Turcot, mais le MTQ est loin d'en avoir terminé avec l'amiante sur les terrains de cette ancienne gare de triage qui s'étend sur 85 hectares, soit environ deux fois et demie la superficie du parc La Fontaine à Montréal.

Les terrains de cette ancienne gare de triage doivent servir de «camp de base» pour le tri des matériaux et la préparation des sols de remblai lors de la construction du nouvel échangeur Turcot.