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Deux hommes trouvés morts: le fentanyl parmi les hypothèses

Les enquêteurs du SPVM étaient sur place hier... (Olivier Jean, archives La Presse)

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Les enquêteurs du SPVM étaient sur place hier pour expertiser la scène.

Olivier Jean, archives La Presse

Les corps des deux hommes trouvés hier soir dans une camionnette dans le quartier Villeray à Montréal ne portent aucune trace de violence. Le SPVM n'écarte aucune hypothèse, y compris une surdose de drogue, notamment de fentanyl, un opiacé 40 fois plus puissant que l'héroïne -qui est fréquemment mélangé à celle-ci- et qui fait des ravages aux États-Unis et dans l'Ouest canadien.

Une autopsie sera pratiquée sur les corps des victimes, deux hommes âgés de 25 et de 31 ans, pour connaître les causes exactes des décès. Il faudra des analyses toxicologiques plus poussées avant de confirmer ou de rejeter la présence de fentanyl.

Selon des données fournies hier par le SPVM à La Presse, cinq personnes sont mortes à la suite de surdoses au fentanyl au cours des cinq premiers mois de l'année à Montréal, du premier janvier au 31 mai. Cinq morts, c'est le total de décès par surdoses de fentanyl pour toute l'année 2017, selon des chiffres que le corps de police avait exposés en décembre dernier. Ce n'est pas nécessairement tous les cas de surdoses qui sont rapportés au SPVM.

Même si rien n'est encore confirmé, le drame constaté hier soir dans Villeray n'est pas sans rappeler la découverte des corps de deux frères victimes d'une surdose de fentanyl dans une voiture, sous le pont Jacques-Cartier, en août 2017.

Le SPVM a enregistré 67 surdoses de drogues, toutes sortes confondues, au cours des cinq premiers mois de 2018. Vingt personnes sont décédées à la suite de ces surdoses.

L'héroïne comme cible

Depuis le début de 2018, le SPVM a saisi près de quatre kilogrammes d'héroïne, une hausse notable comparativement aux dernières années. La plus récente, et non la moindre, est survenue la semaine dernière, alors que les enquêteurs de la section Crime de violence (CDV) de la Division nord ont mis la main sur deux kilogrammes d'héroïne lors du démantèlement d'un réseau de trafic de stupéfiants.

Les saisies d'héroïne sont devenues plus importantes l'an dernier, alors que la plupart des sections antidrogue du SPVM, y compris la Division du crime organisé, ont fait de la lutte au fentanyl et à l'héroïne une priorité.

« C'est sûr qu'à partir de 2017, les saisies ont augmenté. On pourrait faire un certain parallèle même si nous avons toujours fait ce type d'enquête. L'héroïne est toujours présente. C'est une drogue qui crée une dépendance rapide. Je ne peux pas vous dire s'il y a plus de consommateurs, mais quand on parle de drogue dure, pour nous c'est une priorité », affirme le commandant Paul Verreault de la section Crime de violence (CDV) de la division nord, où est justement survenue la découverte des deux corps hier soir.

« On ne sait pas s'il y a une hausse des consommateurs d'héroïne, mais il y a assurément une augmentation des opiomanes », affirme pour sa part la docteur Marie-Ève Morin, médecin de famille oeuvrant en dépendance à la clinique Caméléon. « Lorsque les opiomanes n'ont plus accès au marché pharmaceutique, il y en a qui doivent se tourner vers l'illégalité, les pilules d'opioïde ou l'héroïne », dit-elle.

Les deux hommes trouvés morts hier soir étaient assis sur les bancs du conducteur et du passager à l'avant d'une camionnette de location, garée sur la rue Jarry, à l'angle de la rue Foucher. C'est un passant qui a aperçu des « hommes inconscients » à bord de la camionnette et qui a communiqué avec le 911 vers 20h. C'est un médecin d'Urgences Santé qui a constaté les décès sur place.

Outre la surdose, la police n'exclut toutefois aucune hypothèse, y compris le pacte de suicide, l'empoisonnement et même un meurtre. L'enquête est menée par la section des enquêtes générales de la Division nord du SPVM.

***

L'héroïne saisie par le SPVM

2018 : Presque 4 kg à ce jour

2017 : 3,67 kg

2016 : 1,37 kg

2015 : 0,56 kg

2014 : 2,16 kg

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Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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