(Ottawa) Le président du syndicat qui représente les agents de libération conditionnelle affirme que sur la foi de « renseignements anonymes », il peut dire que d’autres contrevenants avant Eustachio Gallese ont obtenu la permission de fréquenter des salons de massage alors qu’ils étaient en liberté conditionnelle.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Ce que je sais – en fait, ce que je crois, devrais-je dire – c’est que ces cas étaient très rares, mais il y en a eu dans le passé. À ma connaissance, ça ne se fait plus et cela ne s’est pas produit depuis le cas Gallese », a déclaré en entrevue avec La Presse le président national du Syndicat des employés de la sécurité et de la justice (SESJ). Stan Stapleton.

Il dit ne pas connaître les antécédents des contrevenants qui, selon lui, ont bénéficié de cette pratique, ni combien. « Je ne vais pas vous donner de chiffre précis. Tout ce que je dis, c’est que je suis à l’aise de dire que c’est arrivé dans le passé en me basant sur des informations qu’on m’a fournies, et que je considère crédibles », a-t-il offert.

Le SESJ en a étonné plusieurs en déclarant lundi par voie de communiqué avoir « des motifs raisonnables de croire » que le cas du présumé meurtrier de Marylène Lévesque n’était « pas unique », car « en effet, des visites dans des salons de massage par d’autres délinquants en liberté conditionnelle dans la communauté ont déjà eu lieu ».

« Il y avait plusieurs années que ça s’était produit avant cela », a avancé Stan Stapleton, regrettant que Service correctionnel Canada n’ait « toujours pas abordé la question de sa connaissance de cette pratique ». Et selon lui, c’est à l’agence, non pas au syndicat, de « confirmer ou nier que ça s’est produit et trouver une façon d’en savoir davantage. »

Si le syndicat a choisi de faire cette sortie, c’est « parce qu’on apprend du passé », a argué Stan Stapleton. « Mais ce qui s’est produit dans le passé ne m’intéresse pas, sincèrement. Je veux me tourner vers l’avenir », a ajouté le président de l’organisation qui représente plus de 2000 agents de libération conditionnelle au Canada.

Dans le cas d’Eustachio Gallese, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) « n’a autorisé aucune stratégie de surveillance dans la communauté donnant à ce délinquant la permission de solliciter des services sexuels lors de sa libération conditionnelle », a-t-on signalé par voie de communiqué.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a annoncé la tenue d’une enquête afin d’éclaircir les circonstances de cette affaire. Un comité parlementaire mènera aussi une étude à ce sujet. Le président du SESJ s’est dit tout à fait disposé à participer à l’exercice si on l’invite à le faire.