(Alma et Montréal) Les recherches pour les cinq motoneigistes français portés disparus au Lac-Saint-Jean reprendront tôt vendredi, au lendemain de la découverte de quatre autres motoneiges et du dévoilement de l’identité des gens manquant à l’appel.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Tard jeudi, une porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), la sergente Béatrice Dorsainville, a confirmé la reprise des recherches à l’aube pour tenter de retrouver les disparus dans la région de Saint-Henri-de-Taillon avec les mêmes effectifs. Elle a indiqué que des « articles » avaient été retrouvés à proximité des motoneiges, sans pouvoir donner plus de détails avant l’inventaire et le tri de ces éléments.

La Sûreté du Québec a annoncé jeudi en fin d'après-midi avoir découvert quatre autres motoneiges ainsi que des sacs dans le lac Saint-Jean. Elles étaient dans le même secteur où les deux autres motoneiges avaient été retrouvées hier.

Dans un tweet, le corps policier a précisé qu'une seule motoneige utilisée lors de l'excursion de touristes français n'avait pas été retrouvée.

La SQ a dévoilé jeudi après-midi l'identité des cinq Français disparus mardi soir lorsque leur excursion a tourné au drame.

Il s'agit de : Gilles Claude (58 ans), Yan Thierry (24 ans), Jean-René Dumoulin (24 ans), Julien Benoît (34 ans) et Arnaud Antoine (25 ans). Tous habitent l'Est de la France.

PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

Jean-René Dumoulin

PHOTO REMIREMONTVALLEES.COM

Gilles Claude

Dans le village de Sainte-Croix-aux-Mines, où réside Julien Benoît, on s'accroche à la possibilité que l'homme ait échappé aux eaux glacées du lac.

« Tant qu'il y a de l'espoir, pour moi il y a de la vie », a fait valoir Jean-Marc Burrus, maire du village de Sainte-Croix-aux-Mines dans l'Est de la France, en entrevue téléphonique avec La Presse. « Je suis comme la famille : on attend. »

M. Benoît, « c'est un jeune plein de vie, actif », a expliqué M. Burrus, qui le connaît bien. La motoneige n'est pas un sport inconnu dans cette partie de l'Alsace, mais n'est pratiquée qu'une poignée de jours dans l'hiver à cause du manque de neige, a expliqué l'élu.

Son homologue de Gerbépal connaît bien Yan Thierry, l'un des cadets du groupe, qui habitait dans cette communauté des Vosges.

« Bien sûr que ça inquiète les gens de Gerbépal. Nous sommes un petit village de 600 habitants où tout le monde se connaît. Quand il arrive quelque chose d'aussi tragique dans un village, tout le monde en parle », a affirmé le maire Bernard Thomas. « Il est très actif, il pratique les sports mécaniques. »

Gilles Claude et Jean-René Dumoulin étaient aussi des amateurs de sports mécaniques. Les deux alsaciens faisaient partie du Motoclub La Bressaude, un groupe d'amateurs de motocross.

« On suit les médias, mais on n'a pas de nouvelles », a indiqué Damien Antoine, le président du Club. « On essaie d'y croire. » Il a expliqué que M. Claude se rendait souvent au Québec pour y faire de la motoneige.

« Ils faisaient de la compétition de moto l'été et de la motoneige l'hiver », a-t-il dit. « Ce sont tous les deux des pilotes de très bon niveau, ils ne prenaient que des risques mesurés. »

Selon le quotidien alsacien Dernières Nouvelles d'Alsace, cinq des huit participants à l'excursion fatidique proviennent de la région autour de Sainte-Marie-des-Mines. Ils sont amis et s'étaient envolés dimanche pour le Québec.

Parmi les rescapés, les médias français identifient Gaston Fessel, Bruno Petitdemange et Paul Klein.

La mère de ce dernier a affirmé à La Presse que son fils était sur le point de rentrer en France. « Il est très certainement sous le choc, mais il est sain et sauf », a-t-elle rapporté. « Il m'a dit : "je vais bien, nous mangerons ensemble demain". »

Les recherches continuent

Pendant ce temps, les recherches continuent. Les Forces armées ont mis un hélicoptère au service des recherches, et la Sûreté du Québec (SQ) a ajouté une équipe de plongeurs.

« On a rajouté des effectifs, une embarcation avec une équipe complète. On a trois équipes sur le terrain, ce qui va nous permettre de couvrir plus de territoire de façon efficace », explique Hugues Beaulieu, porte-parole de la SQ.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER DE LA SÛRETÉ DU QUÉBEC

Une vue de la zone où a eu lieu l'accident.

Les policiers utilisent aussi un drone et des motoneigistes pour tenter de localiser des indices. Mercredi soir, la SQ a retrouvé deux motoneiges qui avaient sombré dans l’eau glaciale du lac.

Rappelons que les neuf motoneigistes se sont dirigés mardi dans un secteur extrêmement dangereux du lac Saint-Jean, où les eaux se jettent dans la rivière Grande Décharge. C’est un endroit sans glace.

Trois Français ont pu être rescapés et s’en sont tirés avec des engelures et des blessures mineures. Leur guide, le Montréalais Benoit Lespérance, a réussi à rejoindre la berge. Il a été retrouvé dans la nuit de mardi à mercredi, et son décès a été constaté à l’hôpital d’Alma.

Le bilan officiel fait donc présentement état d’un mort. Mais les chances de retrouver un survivant parmi les cinq Français disparus sont minces.

La SQ précise que les recherches pourraient durer pendant des jours, sinon des semaines.

On ignore toujours pourquoi le groupe s’est dirigé dans un secteur sans glace, hors des sentiers. L’enquête du coroner devra faire la lumière sur les circonstances.

— Avec La Presse canadienne