(Québec) Émilie Pelletier croyait ne plus jamais revoir son vélo, volé la fin de semaine dernière dans le Vieux-Québec. Le bolide blanc était disparu dans la brume.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

C’était sans compter sur la communauté des cyclistes de la capitale, qui s’est mobilisée sur les réseaux sociaux pour retrouver le butin. C’était aussi sans compter sur les méthodes approximatives de l’auteur du larcin.

« On pensait vraiment ne pas le retrouver. On se disait que le voleur serait plus intelligent que ça. Il ne mettra pas ça sur Kijiji ! » raconte Mme Pelletier.

La jeune entrepreneure de 21 ans s’apprête à lancer un service de tours guidés en fatbike dans le Vieux-Québec, Tuque et bicycle expériences. Elle croyait sa flotte flambant neuve en lieu sûr, entreposée dans une boutique de vélos du Vieux-Port.

Sauf que la boutique a été « défoncée » dans la nuit de vendredi à samedi dernier. L’un de ses vélos, un fatbike neuf d’une valeur de 1600 $ avant les taxes, avait disparu.

« J’ai mis des années d’économies pour acheter une flotte de vélos et lancer mon projet. Je n’avais vraiment pas besoin de ça », déplore Mme Pelletier.

Rapidement, elle a décidé de demander l’aide des réseaux sociaux. Elle a publié une photo de la monture sur Facebook. La publication a été partagée plus de 400 fois, notamment sur des groupes de cyclistes de la capitale.

C’est comme ça qu’un de ses amis a pris connaissance du vol. Puis, en cherchant un vélo sur Kijiji, cet ami est tombé sur une photo : il s’agissait exactement du vélo d’Émilie Pelletier, offert à 800 $. C’était mardi matin.

« C’est le temps de l’attraper ! »

La jeune femme a immédiatement contacté le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). « Au début, les policiers, je ne sais pas s’ils me prenaient au sérieux… Pour eux, pour un vol de vélo, ils n’allaient pas se déplacer », raconte-t-elle.

Elle a donc décidé d’aller rencontrer le vendeur, toujours mardi. Son père allait se faire passer pour l’acheteur. Puis elle serait sur place en retrait.

Après plusieurs appels, elle convainc les policiers de se déplacer. « Ils me disaient que ce n’était pas sécuritaire que j’aille sur les lieux, que je devais amener des témoins, filmer, prendre le numéro de plaque », explique-t-elle. « Finalement, je leur ai dit : j’ai travaillé fort pour ces vélos, c’est le temps de l’attraper ! »

Deux policières « extraordinaires » sont finalement arrivées à temps. Le père d’Émilie était déjà en pleine discussion avec le voleur, dans un stationnement public. Il tentait de gagner du temps en posant des questions quand les policières sont arrivées.

« Ça n’a pas pris de temps que le voleur était menotté et dans l’auto », dit-elle.

La police de Québec confirme que l’homme doit comparaître mercredi au palais de justice de Québec.

Le SPVQ n’était pas en mesure de dévoiler des statistiques sur le nombre de vélos volés sur son territoire. Mais une porte-parole note « que les vélos sont de plus en plus attrayants pour les voleurs, parce que leur prix augmente ».

« Il n’est pas rare de voir des vélos de 6000 ou 7000 $, note Sandra Dion. En plus, il y a plus de débouchés qu’avant, avec Kijiji ou Marketplace. »

Émilie Pelletier a donc retrouvé son vélo. Son histoire montre selon elle que les réseaux sociaux ont parfois du bon.

« Des fois, on voit des publications de vélos volés qui ne sont pas partagées. Mais maintenant que j’ai vécu cet élan de solidarité, je ne regarderai plus jamais les publications de vélos volés de la même manière, dit-elle. Il faut les partager. Ça peut marcher. »