La Sûreté du Québec mène mardi matin une opération en collaboration avec la police de Côte d’Ivoire ciblant les auteurs d’arnaques amoureuses sur l’internet. Douze arrestations sont prévues.

Mis à jour le 15 sept. 2020
Vincent Larouche
Vincent Larouche La Presse

Des suspects sont visés dans les régions de Montréal, Québec et de l’Outaouais, notamment la tête dirigeante présumée du réseau d’arnaqueurs, Sogli Espoir Kouassi.

Deux complices, Akissi Christelle Semon et Yapo Landry N’Cho, sont aussi visés par des mandats d’arrestation. Les trois sont âgés dans la trentaine.

« L’enquête nous a permis de démontrer que ce stratagème d’arnaque amoureuse était en cours depuis quelques années. Les victimes ciblées étaient des personnes vulnérables, pour la plupart âgées et elles étaient repérées par l’entremise de sites de rencontres et des réseaux sociaux. Ainsi, ce sont une cinquantaine de victimes qui ont été arnaquées par ces fraudeurs, qui ont amassé une somme totale de 2,3 millions de dollars », affirme la Sûreté du Québec.

Des ravages

Les stratagèmes d’arnaques amoureuses, impliquant des fraudeurs qui utilisent une fausse identité afin de charmer un interlocuteur sur le web et lui soutirer de l’argent sous toutes sortes de prétextes, font des ravages chez au Québec, et pas seulement chez les personnes âgées.

En 2012, un jeune de 18 ans de l’Estrie s’était enlevé la vie après avoir été pris dans les filets d’un groupe d’arnaqueurs ivoiriens. « Je ne supporte plus de me faire harceler sur l’internet pour des sommes d’argent astronomiques à cause d’une fille qui m’a cruisé et qui veut monter un scandale sur moi », écrivait-il dans une lettre d’adieu à ses proches. En 2016, deux hommes ont été condamnés en Côte d’Ivoire en lien avec cette affaire.

La Côte d’Ivoire est un pays source pour une partie de ces fraudes visant le Québec, notamment parce qu’on y parle français.

« Il faut sensibiliser au Canada, car il y a beaucoup de victimes », avait déclaré à La Presse le commissaire Anicet Ossey Ossey, de la police scientifique ivoirienne, en 2015. Un dirigeant des forces de l’ordre de Côte d’Ivoire avait d’ailleurs prononcé un discours à l’École nationale de police du Québec la même année pour réclamer l’aide de la police québécoise dans la lutte à ce phénomène.