« S’attaquer à une figure du système judiciaire est hautement répréhensible et en ce sens, il est impératif de rassurer le public », a déclaré la juge Mylène Grégoire en ordonnant la détention des trois individus soupçonnés d’être impliqués dans le violent braquage à domicile survenu chez l’ex-enquêteur du SPVM, Pietro Poletti, le 12 juin dernier.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Les accusés, Yadley Deutz Saint-Jean, Sandel Pierre et Louis-Simon Jacques, ont été arrêtés le soir même de l’agression et sont détenus depuis. Ils font face à dix accusations, dont introduction avec effraction, voies de faits armés, séquestration, menaces de mort et possession d’arme. Deutz Saint-Jean fait face à un chef supplémentaire de bris de condition, car il lui était déjà interdit de posséder une arme lorsqu’il a été appréhendé.

Au début de son jugement qu’elle a rendu oralement, la juge Grégoire a longuement décrit les circonstances de l’attaque racontées par un procureur au premier jour de l’enquête sur remise en liberté.

« M. Poletti était clairement visé et les paroles prononcées : C’est lui ! et Tire-le ! font craindre le pire ».

« Un homme et sa mère de 87 ans ont été blessés. L’attaque était préméditée et planifiée. Les prévenus y ont participé de plein gré. La preuve démontre qu’une arme à feu chargée était en leur possession au moment du crime », a notamment dit la juge qui a décidé de maintenir les suspects en détention pour assurer la protection et la sécurité du public et pour ne pas miner la confiance du public en l’administration de la justice.

Peu crédibles

Les trois accusés ont témoigné dans l’espoir de regagner leur liberté, mais la juge n’a pas été impressionnée.

Dans le cas de Deutz Saint-Jean, elle a souligné le fait qu’il ne connaissait pas le nom de famille de son employeur, que le salon de coiffure où il est censé travailler n’a pas d’enseigne, qu’il ne connait pas le nom de famille de son amie de cœur qu’il a fréquenté durant trois mois, pas plus que celui de la connaissance qui les a présentés.

« Les affirmations ne tiennent pas la route », a-t-elle affirmé.

Quant à Sandel Pierre, la juge a considéré que son témoignage manquait de transparence et que malgré leur bonne volonté et leur amour, ses proches n’avaient aucun ascendant sur lui.

Le 3e accusé, Louis-Simon Jacques, qui conduisait le véhicule utilisé par les suspects, a témoigné qu’il ne savait pas ce que les autres occupants de la voiture allaient faire lorsque ceux-ci lui ont demandé de les transporter.

« Lorsqu’ils sont revenus vers le véhicule après l’agression, il a senti qu’il se passait quelque chose. Plutôt que de se dissocier des autres, il a continué de les déplacer tout au long de la journée. Le Tribunal conclut à une participation hautement significative », a déclaré la juge Grégoire.

« Il existe une probabilité marquée que les accusés commettront un crime s’ils sont remis en liberté », a-t-elle conclu.

Aux dernières nouvelles, un troisième individu qui est entré dans la maison de M. Poletti et de sa mère ce jour-là était toujours recherché par les policiers.

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