(Longueuil) Le policier de l’équipe de renseignement de la police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) Marc-Olivier Perron croyait avoir le « droit » d’utiliser l’ordinateur d’une collègue pour copier des renseignements policiers. Il n’avait « aucune intention malicieuse », a martelé au jury l’avocate du policier accusé d’utilisation frauduleuse d’un ordinateur et d’abus de confiance.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

C’était au tour de la défense vendredi de présenter sa théorie de la cause au procès devant jury de Marc-Olivier Perron au palais de justice de Longueuil. Dans sa déclaration d’ouverture, Me Ariane Bergeron St-Onge a expliqué aux jurés vouloir révéler la « vérité de Marc-Olivier Perron » en appelant à la barre des employés du Bureau d’analyse des renseignements criminels (BARC).

L’accusé n’était pas « simplement » affecté à des tâches administratives en mars 2016, il était « la référence » en informatique de ses collègues et de son supérieur Martin Valiquette, a exposé MBergeron St-Onge. Il était carrément « l’outil de travail » de son supérieur.

« La preuve de la défense va vous démontrer que Marc-Olivier Perron a, d’une part, préparé un rapport d’espionnage corporatif, il a bâti la base de données de rapports d’information, il a monté un document Excel du contrôle des informateurs et sur ce document-là, on retrouve la comptabilité de la caisse secrète pour le paiement des informateurs », a expliqué au jury l’avocate de l’accusé.

La Couronne tente de prouver que le policier de 36 ans a accédé sans autorisation à des renseignements policiers qui ont été retrouvés chez lui. La preuve a démontré qu’il s’était rendu le soir du 17 mars 2016 dans les locaux vides du Bureau d’analyse des renseignements criminels (BARC).

Selon des témoins de la poursuite, l’accusé s’est introduit dans l’ordinateur d’une collègue responsable du module de contrôle des informateurs et a copié des renseignements du BARC. Cette employée avait noté son mot de passe – Qwerty12 – sur un calepin de notes.

Les enquêteurs ont également retrouvé dans le bureau de Marc-Olivier Perron un moyen pour accéder à la voûte où sont entreposés tous les rapports de sources de la police de Longueuil.

Son supérieur immédiat à l’époque, le lieutenant-détective Martin Valiquette, a témoigné pour la Couronne avoir confié à Marc-Olivier Perron le mandat de « hacker » le système informatique du BARC pour vérifier les failles de sécurité, sans demander l’autorisation de la hiérarchie. L’accusé a produit un rapport à cet effet qui détaillait plusieurs problèmes de sécurité.

Le procès est présidé par la juge Myriam Lachance de la Cour supérieure du Québec. Me Geneviève Beaudin représente le ministère public.