(Québec) Johanne Beausoleil, une civile, deviendra le 16 décembre prochain la première femme à diriger la Sûreté du Québec (SQ).  

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

L’information a été confirmée mercredi par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui était accompagnée de Mme Beausoleil en point de presse à Québec.  

Avec le départ à la retraite en décembre de Mario Bouchard à titre de directeur général par intérim, Québec devait trouver une personne pour occuper ce siège névralgique pour la police nationale. L’actuel directeur général de la SQ, Martin Prud’homme, a été temporairement relevé de ses fonctions en mars dernier à la suite d’une allégation concernant des infractions criminelles le concernant. Une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) est en cours.  

« Le plus grand défi, c’est la mobilisation des ressources. […] C’est aussi d’amener les femmes, si je peux [montrer] la voie, d’amener des femmes officiers à être plus présentes », a dit Mme Beausoleil mercredi.  

La prochaine patronne de la SQ connaît bien l’organisation, a-t-on également présenté en point de presse. Mme Beausoleil a en effet travaillé 4 ans comme directrice de la vérification pour l’organisation policière. Elle a aussi eu une carrière pendant 27 ans au sein des Services correctionnels du Québec.  

Le livre vert sur la police que la ministre Guilbault doit déposer au cours des prochaines semaines a également motivé sa décision d’accepter le défi qu’on lui présentait. Dans
La Presse, mercredi, les associations professionnelles et syndicats policiers rappelaient que la détresse psychologique était importante dans leurs rangs, notamment à la SQ, où 21 personnes se sont suicidées depuis 10 ans.  

« La prévention du suicide, la santé mentale, ce sont des dossiers avec lesquels j’ai travaillé ces 30 dernières années de façon intensive. J’étais la première formatrice aux services correctionnels dans la prévention du suicide. […] Ça sera un enjeu [sur lequel] je vais me pencher rapidement », a-t-elle dit.  

À ceux qui se demandent pourquoi l’enquête du BEI concernant Martin Prud’homme prend tant de temps, la ministre Geneviève Guilbault a de nouveau affirmé mercredi qu’elle ne pouvait s’ingérer dans une enquête policière. Elle a toutefois signalé qu’elle avait informé les corps policiers qu’ils disposaient de toutes les ressources nécessaires pour faire avancer l’enquête.  

À l’heure actuelle, a rappelé Mme Guilbault, le poste de directeur général à la Sûreté du Québec n’est pas vacant. S’il est blanchi au terme de l’enquête, Martin Prud’homme pourrait réintégrer son poste.