Le Montréalais Jorge Alfredo Zelaya pensait attirer, puis agresser sexuellement une fillette de 9 ans ni vu ni connu en plein jour dans une ruelle du quartier Saint-Michel. Or, deux passants l’ont pris sur le fait et ont même filmé la sordide agression survenue l’été dernier.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

L’homme de 75 ans a plaidé coupable, dans les dernières semaines au palais de justice de Montréal, à deux chefs d’accusation réduits d’avoir touché à des fins sexuelles un enfant de moins de 16 ans et d’avoir incité un enfant à le toucher. Ces chefs déposés par procédure sommaire peuvent entraîner une peine de 2 ans moins 1 jour, contre 14 ans pour un acte criminel.

Le 3 juillet 2018, 12 h 30. La fillette de 9 ans joue dans la cour arrière de sa gardienne, sur le boulevard Saint-Michel. Jorge Alfredo Zelaya habite tout juste derrière, de l’autre côté de la ruelle. Le septuagénaire se colle à la clôture et passe ses bras à travers pour inciter l’enfant à venir le voir. Elle refuse, puis fait des allers-retours entre la maison de sa gardienne et l’accusé.

Le pédophile attire finalement la fillette dans son piège. Il lui touche la poitrine, les fesses et les organes génitaux. Il baisse son pantalon et se masturbe devant l’enfant. Celle-ci touche son pénis au moins une fois.

La scène filmée

Pendant ce temps, deux témoins filment la scène et appellent le 911. « L’homme touchait la fillette sur son corps, l’embrassait sur la bouche, touchait ses seins et ses fesses. La fillette faisait des gestes pour le repousser », a raconté un témoin aux policiers, selon le résumé des faits présenté à la cour le 27 mai dernier.

Ni le tribunal ni les avocats n’ont évoqué la passivité des deux témoins qui ne sont pas intervenus directement pour faire cesser l’agression qui se déroulait pourtant sous leurs yeux. Le septuagénaire a néanmoins été rapidement trouvé dans son appartement par les policiers, grâce à l’aide des témoins.

L’accusé est « malade » et se « déplace très difficilement », a indiqué son avocate, Me Gracinda Morais Fernandes, dans la salle d’audience. Il s’exprime principalement en espagnol. Selon une recherche au plumitif informatisé, Jorge Alfredo Zelaya ne semble pas avoir d’antécédent criminel.

Le juge Alexandre Dalmau a ordonné la confection d’un rapport présentenciel et d’une évaluation psychosexuelle qui devraient être présentés le 5 septembre prochain. Me Sylvie Lemieux représentait le ministère public.