Accusé dans l'opération Diligence, le Hells Angel Norman Ouimet pourrait bientôt se retrouver dans une étrange position: il aura peut-être à contre-interroger lui-même l'une de ses présumées victimes et non la moindre, l'entrepreneur Paul Sauvé, qui devrait témoigner dans cette affaire.

Mis à jour le 24 nov. 2012
Daniel Renaud LA PRESSE

Le motard, qui n'a pas d'avocat, n'a en effet pas réussi hier à convaincre le juge Claude Champagne de la Cour supérieure de retarder le processus, le temps de lui permettre de trouver un juriste.

Le juge a décrété «de façon lapidaire» que le procès commencera le 14 janvier, comme prévu. Le magistrat n'a pas donné les raisons de sa décision, mais il a vraisemblablement tenu compte du fait que Ouimet avait eu du temps pour trouver un avocat.

Selon nos informations, au moins une vingtaine d'avocats ont décliné l'invitation ou ont été contestés par la Couronne. Le fait que Ouimet soit également accusé dans les superprocès SharQc, autre affaire très prenante, ne lui facilite pas la tâche. À moins que le juge Champagne utilise des dispositions du Code criminel par lesquelles il pourrait obliger un avocat à contre-interroger Paul Sauvé à la place de Ouimet, ce dernier pourrait devoir cuisiner lui-même l'entrepreneur dont il est soupçonné d'avoir infiltré l'entreprise en profitant de sa situation financière difficile.

Un autre accusé de l'opération Diligence également sans avocat, Louis-Pierre Lafortune, ancien vice-président des Grues Guay, qui travaille maintenant pour Coffrages Saulnier, a demandé un procès séparé et un report du processus, mais sa requête a également été rejetée par le juge. Une ordonnance de non-publication nous empêche de dévoiler les détails de ces requêtes et des débats qu'elles ont suscités.